7ème journée pharmaceutique du CROPT – Interviews

7e journée pharmaceutique CROPT - Interviews

Programme de pointe et d’actualités pour les pharmaciens !

Hela Kochbati

Lire la présentation de la 7ème journée pharmaceutique du CROPT et interview du Pr Abdallah Jalel, Président du Conseil National de l’Ordre des Pharmaciens de Tunisie

Oumelkhir Hamada

Oumelkhir Hamada, Présidente du Conseil Régional de l’Ordre des Pharmaciens de Tunis

Je tiens avant toute chose à remercier le groupe MESB, qui édite les journaux Pharm’Info et Medic’Info et le magazine Livret Santé, qui, lors des « événements santé « , remplit brillamment son rôle en nous livrant objectivement le déroulé et la visée de ces journées scientifiques.
Ces dernières sont d’un grand intérêt pour tous confrères pharmaciens, médecins et auxiliaire de santé , puisque chaque année les différents conseils régionaux veillent à présenter au CNOPT une thématique nouvelle et d’actualité.
En tant que pharmaciens, il est également de notre devoir de sensibiliser chaque année un plus grand monde aux
préoccupations de santé et à l’évolution des remèdes de lutte contre les maladies fléaux. En outre, je tiens également à lancer un appel à tous mes confrères pharmaciens pour insister sur la nécessité d’une cohésion avec toutes les structures : CNOPT , SPOT , CROP… afin de renforcer l’unité de la profession. De telles manifestations
s’inscrivent dans le cadre d’une formation continue , il s’agit là du volet scientifique. Ces journées pharmaceutiques sont aussi propices au rassemblement de tous les confrères afin d’enraciner nos valeurs communes, et sont essentielles pour permettre le dialogue , dans un esprit fraternel et d’amitié. Ce volet social voire éthique constitue une grande part du rôle que joue les conseils régionaux.
Enfin, je souhaite vous faire part de mon indignation face au ministère de la Santé qui refuse de nous entendre et qui semble oublier son devoir en ce qui concerne notre profession. En cette année 2016-2017, nous avons fait face, seuls, à de multiples difficultés en mettant à rude épreuve nos organismes sans pour autant réussir à se faire entendre.
Ainsi je souhaiterais m’adresser ouvertement à la ministre de la Santé : Madame la ministre , si vous souhaitez être la ministre de toutes structures médicales, y compris celles des pharmaciens, je pense qu’il vous faut être en mesure de comprendre l’importance des conseils nationaux et régionaux dans le dialogue et les débats!

Imène Limayem Blouza

Pr Imène Limayem Blouza, Professeur de pharmacie galénique à la faculté de pharmacie de Monastir, Chef de service à l’Institut Salah Azaiez, Docteur en sciences pharmaceutiques

Quels sont les objectifs des nouvelles formes galéniques ?

Les nouvelles formes galéniques concernent surtout les formes à libération prolongée. Leur mise en place sur le marché pharmaceutique était une révolution réelle. Ces nouvelles formes galéniques intelligentes visent une meilleure observance des malades, en offrant un confort et principalement par un caractère attractif, en facilitant la prise médicamenteuse en diminuant le nombre de prises journalières avec les formes à libération prolongée et
en impliquant le patient dans la décision de la prise en charge de son médicament, comme pour les pompes qui sont destinées à libérer les médicaments contre la douleur.
Sont concernés surtout les gélules et les comprimés qui permettent de diminuer le nombre de prises journalières et
d’améliorer l’observance aux traitements. Il y a des exemples de l’évolution dans ce domaine. Il y a plusieurs nouvelles formes galéniques qui ont permis de réaliser cette évolution avec des applications ciblées. Ainsi, l’objectif de ces systèmes de délivrances des médicaments est de maîtriser le système de la cinétique de libération des substances actives, d’assurer une amélioration quantitative de la biodisponibilité, de maîtriser le
lieu et le moment de la libération médicamenteuse, d’optimiser la distribution des « solutions » médicamenteuses et surtout d’améliorer l’observance des patients.

Quels messages adressez-vous aux officinaux en marge de cette journée scientifique pharmaceutique concernant ces nouvelles formes galéniques ?

Il s’agit de bien conseiller les patients sur ces nouvelles particules médicamenteuses surtout pour les formes à libération prolongée. Il faut insister sur la posologie et la prise puisqu’il y a des formes qui nécessitent des conseils spécifiques.
Par exemple certains patchs ne sont pas à grouper ensemble pour éviter une interaction iatrogénique, certaines gélules (à libération prolongée) qu’il ne faut surtout pas écraser…
Ce sont des conseils typiques que les pharmaciens doivent donner aux patients lors de la dispensation de ces médicaments.

Mehdi Dridi

Pr Mehdi Dridi, Faculté de pharmacie de Monastir

Quels sont les enjeux actuels des biothérapies et des biosimilaires ?

Les médicaments de biothérapies sont des médicaments qui inaugurent une nouvelle ère de prise en charge thérapeutiques des malades, inaugure le concept des thérapies ciblées. Ils sont très différents des médicaments chimiques. Le résultat obtenu inaugure le concept de thérapies ciblées, c’est-à-dire que là actuellement on va vers les entités surexprimées dans les cellules pathologiques. Donc on va vers l’origine de la pathologie. On arrive à la cibler avec ces médicaments innovants, il y a certainement des médicaments chimiques qui font ça mais l’innovation est que ces médicaments sont de plus en plus spécifiques et pointus.
Ces biomédicaments sont sur le marché pharmaceutique, depuis une vingtaine d’années actuellement.
Donc les industriels pharmaceutiques ont commencé à fabriquer ces médicaments. Il y a plein de médicaments biosimilaires qui sont mis sur le marché pharmaceutique international, plusieurs anticorps monoclonaux, plusieurs protéines et hormones de croissance et autres protéines qui sont déjà formulées et copiées. Sur le plan international, les médicaments de biothérapies représentent actuellement à peu près le tiers du marché des médicaments. Un médicament sur deux, en cours de développement aujourd’hui, dans les pipelines de l’industrie pharmaceutique est un médicament biologique. Le budget alloué à ces médicaments est impressionnant, c’est le tiers
des budgets. Avec ces médicaments, les brevets tombent chaque jour et les industriels recueillent ces produits et fabriquent les copies.
Aujourd’hui,en Tunisie le marché des biosimilaires n’est pas très développé, à cause des barrières technologiques, et du manque de visibilité réglementaires et politique je dirais qu’il n’est pas développé du tout et je pense que
c’est un enjeu majeur de santé publique que d’encourager les industriels à se lancer dans ces projets pharmaceutiques pour permettre de réduire le prix de ces médicaments innovants et donner un accès aux citoyens tunisiens à ces innovations.

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