« Enjeux scientifiques et pharmaco-économiques des biothérapies et des biosimilaires », « Nouvelles formes galéniques et les formes intelligentes » et « Etat des lieux de l’hépatite virale C et les actualités thérapeutiques » étaient au menu de la 7ème journée pharmaceutique du Conseil de l’ordre des Pharmaciens de Tunis (CROPT). Et maux de tête aux oubliettes avec le Pr Sonia Khalbous qui a traité de l’accueil en officine des migraineux.

Hela Kochbati

Enjeux scientifiques et pharmacoéconomiques des biothérapies et des biosimilaires

Les biothérapies et les biosimilaires sont des traitements innovants.
Contrairement à un générique, réplique parfaite d’un médicament chimique, les biomédicaments ne sont pas reproductibles strictement à l’identique, en raison des variations et des variabilités même du vivant dont ils sont issus.
Les biosimilaires, en revanche, sont semblables aux médicaments biologiques d’origine en termes de qualité, de sécurité et d’efficacité, et sont soumis comme eux à des essais cliniques, ils constituent une révolution dans l’industrie pharmaceutiques.
A noter qu’en Tunisie, il n’y a pas de réglementation pour les biosimilaires mais un projet a été élaboré en janvier 2017.

Nouvelles formes galéniques et les formes intelligentes

Parmi les nouvelles formes galéniques, il y a les microparticules, les liposomes, les implants polymériques et les dispositifs transdermiques passifs. Ces nouveaux types galéniques sont utilisés dans plusieurs affections comme les maladies respiratoires, les pathologies inflammatoires chroniques et les pathologies cancéreuses.

Etat des lieux de l’hépatite virale C et les actualités thérapeutiques

L’hépatite C constitue un enjeu de santé publique.
Dans le monde environ 170 millions sont atteints par cette maladie hépatique chronique.
En Tunisie, la prévalence de cette maladie se situe entre 0,7% et 1 ,6%.
Le passage de la chronicité est fréquent et dans près de 20% des cas, les patients développent une cirrhose hépatique. L’incubation du l’entité virale est de 4 à 12 semaines.
Plusieurs nouveaux traitements se sont révélés efficients comme les inhibiteurs des protéases du VHC, la trithérapie, les antiviraux à action directe (AAD), etc.
Avec les nouveaux médicaments contre l’hépatite C, la guérison dépasse 95% et les effets indésirables sont plus rares en comparaison avec les traitements classiques.
Un plan national de lutte contre l’hépatite C a été élaboré de l’année de 2016 à 2023 et c’est une stratégie prometteuse pour les patients tunisiens atteints de cette maladie virale.

L’accueil en officine des migraineux par le Pr Sonia Khalbous

Les pharmaciens sont en première ligne dans la lutte contre l’état migraineux. La migraine affecte enfants, adolescents et adultes.
Le traitement médical ne supprime pas toujours les crises de migraine mais les rends moins fréquentes et moins douloureuses.
Il est prescrit par le médecin traitant en fonction de la fréquence et de l’intensité des crises ainsi que du handicap familial, social et professionnel qui en découle.

Abdallah Jalel

Pr Abdallah Jalel, Président du Conseil National de l’Ordre des Pharmaciens de Tunisie

Cette journée pharmaceutique très intéressante a traité des thèmes divers.
Les biomédicaments, les biothérapies et les biosimilaires sont des thèmes d’actualité dans le monde pharmaceutique. Les nouvelles formes galéniques et intelligentes sont essentielles dans l’évolution de la pharmacie.
Actuellement, on oeuvre pour faciliter la prise et la bonne observance thérapeutique du malade pour ses médicaments et donc il faudrait toujours améliorer ces formes galéniques et qu’elles soient simplifiées.
Quant à l’hépatite C, les nouveautés et l’évolution de la prise en charge des patients intéressent le pharmacien. Le plan national de lutte contre l’hépatite C de l’année 2016 à l’année 2023 est un projet révolutionnaire pour les patients atteints de cette pathologie virale.
Il donne beaucoup d’espoir aux patients tunisiens atteints d’hépatite C.
Je demande à tous les pharmaciens et pas seulement aux pharmaciens d’officines d’assister nombreux à ces manifestations parce que c’est là qu’on se forme et qu’on peut réactualiser ses connaissances. Cela aide à l’exercice de la profession, pour le bien de la santé du tunisien. La pratique officinale n’est pas un exercice commercial de réserves.
Mon deuxième message est que les officinaux soient solidaires autour de leur structure et qu’ils fassent la distinction entre syndicat et ordre. C’est très important de faire la différenciation. L’ordre est là pour contrôler le bon l’exercice de pratique médicale, déontologique, etc. L’ordre n’est pas un syndicat qui défend les aspects économiques et matériels du pharmacien. Mais quand un secteur d’activité va être touché dans son existence, comme ce qui est passé dernièrement avec la TVA alors l’ordre est là, en premier plan, pour agir ! Nous avons initié plusieurs réunions, avec le ministère de la Santé, le Syndicat et les différents intervenants du secteur, etc. Nous avons défendu un secteur, c’est très important, à savoir la profession officinale et l’officine. Il faut avoir de l’espoir et être optimiste tout en demeurant vigilant et en respectant le rôle et les missions de
chaque structure !

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