L’information n’émane pas de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) mais de l’Organisation mondiale des Douanes
(OMD) qui a saisi en début de cette année 126 millions de traitements prohibés dans seize ports africains en deux semaines !
Ces faux médicaments sont écoulés en grande majorité dans les commerces de rue de Abidjan à Cotonou mais aussi dans les pharmacies des hôpitaux publics ou dans les stocks de grandes ONG humanitaires trompés par les distributeurs trafiquants.

Ces faux médicaments sont la cause directe de centaines de milliers de morts par an.

Un vrai fléau sur le continent africain qui devient aussi un sujet de préoccupation mondiale. Ce trafic mondial prend origine dans plusieurs pays essentiellement l’Inde, et la Chine. Mais ce sont le Nigeria et le Bénin qui sont les principaux ports d’entrée pour le continent. L’OMD effectue des opérations cycliques en vue de faire face dans le cadre d’un programme lancé par l’Institut International de recherche anti contrefaçon de médicaments (IraCm). Au
total, depuis 2012, 900 millions de médicaments d’une valeur de 400 millions d’euro ont été saisi. Ces contrefaçons ciblent les pathologies les plus répandues en Afrique en particulier le paludisme. Viennent ensuite les différents antibiotiques, antianalgésiques et anti-inflammatoires.

La contrefaçon représente 30% de la pharmaceutique africaine.

Au Bénin, 40 % des médicaments en vente libre seraient des faux. Cette criminalité organisée profite des failles du droit et de l’absence de contrôle systématique et suffisant aux douanes des ports concernés. Il n’existe pas à ce jour des conventions internationales de lutte conte ce trafic à l’instar des armes ou des drogues. Les trafiquants
saisis sont le plus souvent relâchés et les juges dépourvus de moyens de poursuite et de démantèlement, n’ont aucun pouvoir punitif. Quelques pays africains tel que la Côte D’Ivoire, le Bénin et le Cameroun commencent à réformer l’arsenal juridique pour faire face à ce problème mais les coûts d’investigation, d’analyse et de contrôle restent l’entrave majeure.