La société pharmaceutique Pfizer a décidé de mettre un terme à la recherche de médicaments contre les maladies d’Alzheimer et de Parkinson…

… les dernières études menées par le géant pharmaceutique n’ayant pas été concluantes. Une molécule jugée prometteuse contre la maladie d’Alzheimer n’a pas montré l’efficacité escomptée au cours d’une série de trois essais cliniques, entre 2013 et 2017.

De nombreux autres abandons ont déjà eu lieu début 2018 par la société suisse Axovant, qui a annoncé l’échec d’un essai de Phase II pour son produit intepirdine, fin 2016 par le laboratoire américain Elli Lilly, qui avait annoncé l’échec du solanezumab, un traitement de l’Alzheimer arrivé en Phase III d’essais, février 2017 par l’américain Merck, qui avait renoncé à certains essais de son traitement expérimental verubecestat mais qui continuait sur un autre projet, et en 2014 par le Suisse Roche, qui avait interrompu ses essais mais qui avait décidé de relancer un essai de Phase III en 2018 avec sa molécule gantenerumab. Quant à Pfizer, s’il abandonne la recherche sur Alzheimer, il envisage de créer un fonds de capital risque pour continuer à soutenir les recherches des scientifiques.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, plus de 36 millions de personnes dans le monde sont atteintes de démence, dont une majorité de la maladie d’Alzheimer.
Directeur du laboratoire de l’Inserm Cognition et Imagerie des maladies neurodégénératives, Bruno Dubois confirme qu’« il y a une grande attente et une grande réflexion, y compris chez les laboratoires ». Alors que les traitements classiques visaient la maladie installée, « aujourd’hui on se demande s’il ne faudrait pas aller avant les symptômes, chez des sujets qui n’ont pas de symptômes mais les lésions. Et cela pose plein de problèmes : comment repère-t-on ces patients ? Combien de temps doit-on les traiter ? », s’interroge Bruno Dubois.
Ce chercheur rappelle qu’avec une équipe, ils ont établi une nouvelle définition de la maladie, fondée sur des signes biologiques, « qui prend en compte le fait qu’on ne devient pas brutalement dément (…) mais qu’on a la maladie à l’oeuvre dans le cerveau, avant tout symptôme ».
Une bonne partie de la solution passe donc par la recherche académique et universitaire ainsi que par des biotechs très spécialisées, en attendant « des avancées qui permettront de passer dans le domaine de la recherche appliquée », explique Vincent Genet, directeur du pôle santé au cabinet Alcimed.