La nitrofurantoïne constitue l’un des antibiotiques les plus efficaces dans le traitement des cystites.

Ce traitement est prescrit indiqué seulement pour les femmes et les petites filles à partir de 6 ans, le médicament fait l’objet d’un mésusage sur lequel l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) tient à alerter.
Plus de la moitié des prescriptions ne sont pas conformes aux indications. En 2005, une enquête nationale de pharmacovigilance avait rapporté des dérives et des utilisations non-conformes de la nitrofurantoïne en France. L’ANSM souhaite donc informer à nouveau sur les risques liés à son mésusage. Ce traitement antibiotique est réservé à quatre indications, c’est-à-dire pour les infections avérées, en traitement curatif et non prophylactique, uniquement chez la femme et il doit être administré pour une durée relativement courte. Entre 2012 et 2015, l’ANSM a mené une étude pour connaître les conditions d’utilisation de la nitrofurantoïne sur le territoire national. Une cohorte de près de 8000 patients ayant reçu le traitement a été analysée. Et le constat est quelque peu préoccupant puisque les deux tiers des prescriptions étaient non conformes aux indications. A titre d’exemple, 15 % des prescriptions concernaient des hommes alors que le traitement n’est indiqué que chez la femme. De plus, censé être utilisé en dernier recours, la nitrofurantoïne serait ordonnée en première intention. Le traitement doit être administré pour une durée de cinq à sept jours. En outre, comme l’indique l’ANSM, ce traitement serait utilisé pour des périodes prolongées. Parmi les effets secondaires potentiels de l’antibiotique, l’ANSM souligne que des cas rares mais sévères d’atteintes pulmonaires et hépatiques ont été rapportés.