Des antalgiques perturbent la production de la testostérone

Certains médicaments, comme les antalgiques qui sont à base d’ibuprofène, perturbent la production de l’hormone masculine, la testostérone, et pourraient être à l’origine de troubles de la reproduction.
Ainsi une étude scientifique publiée en janvier 2018 par un consortium franco-danois (chercheurs de l’INSERM, David Møberg Kristensen et ses collègues danois, chercheurs du LABERCA de Nantes et du CHU de Rennes…) montre que l’ibuprofène altère la physiologie du testicule chez l’adulte lors d’une prise prolongée.
Cette étude franco-danoise prolonge des travaux sur les effets des antalgiques à « prescription médicale facultative » : paracétamol, aspirine et ibuprofène, qui sont les médicaments les plus utilisés dans le monde.
Les scientifiques ont réalisé un essai clinique sur un groupe de 31 hommes âgés entre 18 et 35 ans, quatorze sujets recevaient deux comprimés de 600 mg d’ibuprofène par jour, tandis que le groupe témoin constitué de 17 autres personnes recevaient un placebo.
Contrairement à ceux absorbant le placebo, les individus recevant de l’ibuprofène présentaient taux de testostérone normaux mais une forte élévation de la LH (hormone lutéinisante). « C’est un tableau connu chez des sujets âgés : l’hypogonadisme compensé. Comme le testicule est à la peine pour produire de la testostérone, l’hypophyse pompe pour compenser », explique Bernard Jégou de l’INSERM.

Les chercheurs concluent que  » la prise prolongée à des doses importantes d’ibuprofène (1200 mg/jour pendant 6 semaines) exerce chez les jeunes hommes des effets perturbateurs endocriniens sévères conduisant à un état appelé « hypogonadisme compensé ». Cet état habituellement rencontré chez environ 10% des hommes âgés, est généralement associé à des risques accrus pour la santé reproductive, comme pour la santé en général.  »

Source INSERM – Attention à la prise soutenue d’ibuprofène chez l’homme