Canakinumab pour réduire le risque d’infarctus cardiaque

C’est un anticorps monoclonal baptisé « Canakinumab » appelé encore « Ilaris » ayant des propriétés anti-inflammatoires qui s’est révélé avoir un rôle bénéfique dans la prévention de la récidive de l’infarctus du myocarde et également du cancer du poumon. Cet anticorps monoclonal a été élaboré pour traiter l’accumulation de l’interleukine 1-béta qui entraîne des processus inflammatoires et donc combattre les risques de l’arthrite juvénile idiopathique systémique et de l’arthrite goutteuse. Ce traitement présente des caractéristiques immunomodulatrices et anti-inflammatoires.
L’étude scientifique baptisée CANTOS (Canakinumab anti-inflammatory thrombosis outcome study) décrivant les bienfaits de cet anticorps monoclonal vient d’être publiée dans la revue « New England Journal of Medicine ».
Plus de 10 mille patients ont été intégrés à ces travaux d’observation. Les scientifiques ont suivi les patients durant trois ans et demie en moyenne. Ces patients avaient tous fait un infarctus du myocarde et présentaient des risques de récidive, avec un taux de protéine C réactive élevée.
Cette étude a comporté l’observation de trois groupes de patients, un groupe recevant une prise de 150 mg ou de 300 mg, un autre du placebo et un troisième recevant 50 mg du traitement.
Les scientifiques américains ont constaté que les patients recevant un placebo avaient 4,5% de risque de récidiver après un infarctus du myocarde, contre 3,86 % chez les participants ayant reçu une dose moyenne du traitement monoclonal, soit 15% de risque en moins.
D’autre part, dans le groupe des patients ayant été traités par un placebo 535 sur 3344 ont eu un évènement de récidive cardiovasculaire, contre 642 patients sur 4547, chez les participants ayant perçu une posologie élevée ou intermédiaire de cette médication, soit 2% de moins.
Dr Paul Ridker, auteur principal de cette étude a révélé : « bien que modestes, ces résultats sont enthousiasmants car cela nous montre bien que l’inflammation et très probablement l’immunité jouent un rôle important dans l’athérosclérose ».
En parallèle à ces travaux, les chercheurs ont constaté que 2% des participants du groupe placebo ont développé un cancer du poumon contre 1% de ceux qui ont reçu une posologie de Canakinumab.
La seule problématique pour cet anticorps monoclonal est que la prise en charge est onéreuse et avoisine 200 mille dollars par an aux Etats Unis.