L’ibuprofène, le naproxène et le célécoxib sont des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) qui soulagent les maux de tête mais affectent la santé cardiaque.

Une étude canadienne publiée dans le British Journal of Medicine a révélé encore une fois que ces antidouleurs élèvent le risque de crise cardiaque dès la première semaine d’utilisation, ou le premier mois en cas de doses importantes.

Ces médicaments font partie des médicaments les plus vendus en France et également en Tunisie. Depuis des années, la littérature scientifique alerte sur leurs risques cardiovasculaires. Des travaux ont notamment montré qu’ils perturbent le rythme cardiaque, favorisent l’insuffisance cardiaque ou encore l’accident vasculaire cérébral (AVC). Cependant, les doses et durée de traitement pouvant poser problème n’étaient pas totalement connues.

L’équipe du Dr Michèle Bally de l’université de Montréal a analysé plusieurs études scientifiques rassemblant les données de santé de plus de 446 700 personnes vivant au Canada, en Finlande et au Royaume-Uni. Près de 61 500 d’entres elles ont été victimes d’un arrêt cardiaque. Les scientifiques se sont spécifiquement penchés sur la consommation des trois AINS les plus utilisés (diclofénac, ibuprofène et naproxène), le célécoxib et le rofécoxib. Il apparaît que le risque d’infarctus du myocarde augmente dès une utilisation hebdomadaire et persiste après 30 jours. Celui-ci varie entre 20 et 60 % en fonction des molécules. Le « moins dangereux » semble être le célécoxib. Tous les autres anti-inflamatoires affichent un risque d’arrêt cardiaque proche de 50 %, et le rofécoxib se présente comme le médicament le plus risqué.

Journal of medecine – Risk of acute myocardial infarction with NSAIDs in real world use: bayesian meta-analysis of individual patient data