Nouvelle souche Coronavirus

Les virus de la famille des coronavirus sont nombreux et variés. Ils peuvent infecter l’homme et les animaux. Chez l’homme, les symptômes sont variables. Des coronavirus peuvent provoquer des infections respiratoires bénignes et d’autres des infections respiratoires sévères. Le nouveau coronavirus identifié en septembre 2012 est relativement proche du coronavirus humain du SRAS (Syndrome respiratoire aigu sévère), identifié en 2003, qui avait provoqué une épidémie mondiale. Le réseau international des laboratoires (dont le Centre collaborateur de l’OMS pour la recherche et la référence sur les virus grippaux et les autres virus respiratoires, au sein de l’Unité de génétique moléculaire des virus respiratoires à l’Institut Pasteur) chargés par l’OMS de rechercher l’agent causal du SRAS et de mettre au point un test diagnostique a découvert, alors, un virus totalement inconnu des scientifiques. Il s’agit d’un virus appartement à la famille

des coronavirus dont les propriétés n’avaient jamais été observées auparavant. Habituellement, les coronavirus sont à l’origine, chez l’homme, de rhumes sans gravité. Ce nouveau virus a été identifié en Arabie Saoudite en septembre 2012, chez deux patients qui avaient présenté respectivement en juin et septembre 2012 une pneumopathie sévère et, pour l’un d’entre eux, une insuffisance rénale aiguë. Suite à cette découverte, une surveillance a été mise en place sous la coordination de l’Organisation Mondiale de la Santé et du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies afin de détecter d’autres cas éventuels. Au 20 Mai 2013 :

• 30 cas ont été diagnostiqués en Arabie

Saoudite ; 15 sont décédés.

• 40 cas ont été rapportés dans le monde

depuis avril 2012 ; 20 sont décédés. Les investigations sont en cours dans les pays ayant rapporté des cas, pour approfondir les connaissances sur ce virus. Selon l’OMS et l’ECDC, et sur la base des informations actuellement disponibles, ce nouveau virus ne semble pas se transmettre facilement d’homme à homme, à la différence du virus du SRAS (Syndrome respiratoire aigu sévère). L’origine de la contamination des cas confirmés reste inconnue à l’état actuel des connaissances. En France, le premier cas a séjourné dans les Emirats Arabes Unis mais le deuxième n’a pas voyagé. Il a, par contre, lors de son hospitalisation, partagé la chambre du premier cas français alors que celui-ci était déjà symptomatique mais non encore diagnostiqué pour le NCoV. Par ailleurs, au Royaume-Uni, deux cas rapportés n’avaient pas voyagé dans les pays à risque. Ils avaient été en contact avec un même cas confirmé, qui avait voyagé au Pakistan et en Arabie Saoudite. Ces éléments suggèrent l’existence d’une transmission interhumaine de l’infection. L’un des deux cas du Royaume-Uni a développé une forme bénigne de la maladie (syndrome pseudogrippal), ce qui pourrait suggérer que des cas peu symptomatiques ont pu échapper à la surveillance mise en place au niveau international. Cependant, les données recueillies à ce jour ne font pas état d’une transmission interhumaine importante de ce nouveau virus dans la communauté. L’infection au NCoV se manifeste, le plus souvent, par une fièvre et des signes respiratoires pouvant se compliquer par un syndrome de détresse respiratoire aiguë. Un cas avec une forme bénigne de la maladie (syndrome pseudo-grippal) a été décrit en Angleterre. La période d’incubation est actuellement estimée à 10 jours. Ainsi, les personnes qui doivent consulter immédiatement sont :

• Celles ayant voyagé ou séjourné dans les pays à risque (Arabie Saoudite, Bahreïn, Emirats Arabes Unis, Irak, Iran, Israël, Jordanie, Koweït, Liban, Oman, Qatar, Syrie, Territoires palestiniens occupés, Yémen), durant les 10 derniers jours et présentant : des signes cliniques et/ou radiologiques de détresse respiratoire aigüe (SDRA) ou d’infection du parenchyme pulmonaire, avec une fièvre ≥38°C et de la toux, sans autre étiologie identifiée pouvant expliquer la pathologie. Pour les personnes immunodéprimées ou présentant une pathologie chronique, considérer également la survenue d’un syndrome fébrile avec diarrhée et/ ou tableau clinique sévère.

• Celles ayant eu tout contact avec un cas possible ou confirmé, présentant une infection respiratoire, quelle que soit sa gravité, dans les 10 jours suivant le dernier contact avec le cas possible/confirmé pendant que ce dernier était malade symptomatique. Pour les contacts immunodéprimés ou présentant une pathologie chronique, il faut tenir compte de la survenue d’un syndrome fébrile avec diarrhée et/ou tableau clinique sévère. Un diagnostic précoce permettrait une meilleure prise en charge mais également la limitation de la transmission de ce nouveau virus dont le potentiel contagieux est faible mais dont la létalité est élevée.