France : industrie pharmaceutique

La France occupe une position particulière car la moitié des usines y est concentrée mais avec une prédominance de sites chimiques, alors que les produits biologiques ont le vent en poupe et une spécialisation dans les formes galéniques les plus traditionnelles. Pour Sébastien Aguettant, qui dirige la société de façonnage Delpharm, il y a, en France, une main d’œuvre et des infrastructures d’excellente qualité, « reconnues par toutes les agences sanitaires, qu’il s’agisse de l’agence japonaise, de l’agence européenne ou de la FDA ».

Avec, il est vrai aussi, un coût horaire plus élevé. Alors, pour rester compétitives, les unités de production en France doivent investir et moderniser sans cesse afin de garder une longueur d’avance par rapport aux pays plus low cost. Semblant confirmer cet état de fait, Sanofi a injecté 300 millions d’euros entre 2013 et 2014 pour reconvertir son site de synthèse chimique de Neuville-sur-Saône en usine de production de son vaccin contre la dengue.

Mais, au-delà des investissements de productivité et de modernisation, pour qu’un site perdure, il faut une stratégie. C’est ce qu’a bien compris Marcel Lechanteur, le président de la filiale française de Lilly. Son site de production d’insuline à Fegersheim, à côté de Strasbourg, a bénéficié d’un programme d’investissement de 91 millions d’euros entre 2011 et 2013.

Mais il s’est aussi battu pour que la nouvelle insuline longue durée du groupe, générique du Lantus de Sanofi, y soit produite, avec, à la clef, un nouveau programme d’investissement de 171 millions d’ici à 2016 pour doubler la capacité de production.

Par ailleurs, se concentrer sur la production biologique et abandonner les sites chimiques à leur destin serait un mauvais calcul.

En effet, les sites chimiques générant 80 % de la production en volume, le flux de nouveaux produits biologiques ne suffirait pas à en assurer le remplacement.