Monastir a accueilli à la fin du mois d’avril le congrès international de phytothérapie organisé par la Faculté de Pharmacie de Monastir, l’Association Tunisienne des Plantes Médicinales (ATPM) et L’Université de Monastir sur le thème « La place de la plante médicinale dans le système de santé ».
Cette manifestation scientifique de niveau international a porté sur les plantes médicinales, la recherche fondamentale en phytothérapie clinique, et la valorisation du patrimoine ethno pharmacologique.

Amel Dhaouadi

La faculté de Pharmacie de Monastir a été pionnière dans le monde arabe et l’une des rares dans le monde à proposer
un enseignement post-universitaire en phytothérapie et Endobiogénie, a déclaré le Pr Rachid Chamli, Président du congrès, professeur à l’université de pharmacie de Monastir en Tunisie, et Président de l’association tunisienne des plantes médicinales. En effet c’est une orientation que la Faculté a adopté depuis 1988 date de la tenue du premier congrès international de phytothérapie.
Un département a été crée et dispense un enseignent post universitaire en vue de former les médecins et les pharmaciens à la phytothérapie clinique. Pionniers de l’ethnopharmacologie, « le noyau de la phytothérapie tunisienne » a organisé avec l’aide de la société française de phytothérapie un premier congrès international de phytothérapie, à Monastir en 1993.
« Le choix de Monastir et de la faculté de pharmacie est donc naturel, pour organiser ce congrès international de phytothérapie » affirme le PrAg Rachid Chamli « Ce qui est extraordinaire c’est de voir le chemin parcouru depuis
le congrès intercontinental de 93 par les phytothérapeutes tunisiens. Aujourd’hui la majorité des publications scientifiques et des études cliniques sont tunisiennes. L’expertise tunisienne dans ce domaine est sollicitée partout ».
La tenue de ce congrès à Monastir a donc permis d’exposer la riche expérience de l’enseignement post universitaire de phytothérapie et d’Endobiogénie, mais aussi à échanger les avancées thérapeutiques en matière de Phyto-galénique, de Pharmaco-Phytovigilance et de protocole thérapeutique.
Une place de choix ,a été attribuée aux médecines traditionnelles, sources inépuisables de savoir empirique basée essentiellement sur les plantes et dont L’OMS a fait un enjeux de santé mondial y accordant un « Plan pour la médecine traditionnelle 2014-2023 ».
Un enjeux mondial mais également national car ce congrès était l’occasion d’associer le ministère de l’Agriculture autour d’une table ronde pour aborder les questions de la culture biologique, du contrôle et de la transformation des plantes médicinales, et de la préservation du patrimoine botanique national.

Pr Ag Rachid Chamli, « la plante médicinale est mon combat de vie, pour la Vie »

Rachid ChamliDepuis l’intégration de ses fonctions d’enseignant le professeur Chamli a eu à coeur de réhabiliter la plante médicinale et de la mettre à l’honneur. Ses recherche en Pharmacognosie et sa spécialisation en plantes médicinales l’ont poussé à créer avec quelques acolytes, au début l’association tunisienne des plantes médicinales au sein de laquelle ils ont sillonné la Tunisie pour rechercher collecter et répertorier les plantes médicinales tunisiennes et consigner les diverses préparations traditionnelles. « Nous avons sillonné toute la Tunisie de village en village, de tradipraticien en guérisseur pour répertorier les trésors de cette médecine.
Nous avons établi un répertoire de 483 plantes médicinales, de préparations magistrales et de recette de remède. Notre but est à la fois la conservation de ce patrimoine mais aussi son analyse scientifique et biologique afin de contrôler son utilisation et de la codifier ». Conscient de l’importance de préserver ce patrimoine précieux, le professeur ainsi que le département d’enseignement post universitaire de phytothérapie, et l’ensemble des phytothérapeutes tunisiens, n’ont eu cesse de s’investir dans la recherche, la formation des praticiens mais aussi la sensibilisation des patients et des citoyens à l’importance de la phytothérapie.
Leur but était de « Rendre cette plante à sa place naturelle aux mains de chaque citoyen et non pas aux seules intérêts des grandes firmes pharmaceutiques ». Le Professeur Chamil est en effet bien plus qu’un enseignant, il milite pour une médecine, plus humaine, une vision de l’homme dans sa globalité, et non seulement comme un ensemble d’organes malades, s‘appuyant sur une orientation de l’OMS vers la réhabilitation des médecines traditionnelles, basées sur les plantes médicinales il prône la nécessité d’une coopération entre les autorités gouvernementales et des professionnels et agents de santé pour garantir l’utilisation rationnelle des plantes médicinales mettant en avant les avantages thérapeutiques mais aussi en terme de coût de soin de santé.
« La santé est devenu la dette mondiale la plus élevée pour tous les pays du monde, le système de santé est à revoir sur un plan éthique, scientifique mais aussi politique et économique et c’est cela un des enjeux de ce congrès. Car la phytothérapie est désormais une médecine reconnue et qui représente une alternative incontournable et une soupape de sécurité à notre système de santé conventionnel engorgé. »
A travers les siècles, l’humanité a su développer la connaissance et la maîtrise des extraordinaires vertus que recèlent les plantes.
La phytothérapie : c’est le passé thérapeutique de l’homme mais aussi son avenir, car cet être vivant complexe recèle des vertus que nous ne maîtrisons pas encore et qui sont disponible et accessibles. Et c’est pour cette raison qu’il faut les associer au sein d’une politique sanitaire nationale, et collaborer à la promouvoir au plan mondial.

Dr Zeineb Belli, « Offrir à la santé le meilleur de la plante pour la santé. »

Zeineb BelliJe suis Docteur en pharmacie je dirige les laboratoires PhytoLife distributeur du Groupe Michel Iderne. Ce laboratoire est pionnier en matière de médicament à base de plantes médicinales, il détient plusieurs brevets internationaux à la pointe de la Galénique tel que les phytomicrosphères et les de plante et les Oligosphères. Je me suis intéressée à la phytothérapie dès le début de mon cursus universitaire à la faculté de pharmacie de Monastir. Mon mémoire de fin d’étude portait sur les plantes médicinales décrites dans le Saint Coran. L‘endobiogénie et la phytothérapie sont un choix éthique et professionnel pour lequel je me bats, et une mode de vie que j’ai adopté depuis mon enfance. Je suis également pharmacienne, et mon officine est très orientée vers les thérapies à base de plantes.

Parlez nous de votre laboratoire

PhytoLife est une très jeune plate forme de distribution de produits phytopharmaceutiques. Pour le moment essentiellement axée sur l‘importation et la distribution des phytomedicaments et compléments alimentaires Groupe
Michel Iderne du pour la Tunisie et L’Afrique du Nord. Nous espérons très bientôt passer au stade de production. Nos principales gammes sont les phytomicrosphères, les oligosphères et les compléments alimentaires. Nous avons pour projet de produire au courant de cette année notre première gamme d’huiles essentielles thérapeutiques à l’usage des préparations magistrales en officine et aux consommateurs.

Pourquoi avez-vous fait ce choix économiquement risqué ?

Ce qui m’a attiré vers la Phytothérapie clinique et l’endobiogénie, c’est ce concept de médecine « profonde » qui ne traite pas uniquement le symptôme apparent mais l’être dans sa profondeur.
Elles traitent l’individu de façon holistique, et spécifique, en considérant le terrain et non pas uniquement les signes cliniques.
Pour moi l’endobiogénie et la phytothérapie sont les médecines du futur sans nier les apports de la médecine allopathique celle-ci s’auto épuise, car elle a une vision réduite de l’être humain et ne s’intéresse qu’à un organe malade. L’endobiogénie vise les axes physiologiques propres à chaque individu, et un terrain aussi individuel que l’ADN. Même si elle injustement appelée parallèle cette médecine est une alternative sure et intéressante à la médecine allopathique conventionnelle

Comment voyez –vous l’avenir de la phytothérapie en Tunisie ?

La phytothérapie est en plein essor en Tunisie. Une forte demande émane des patients, mais aussi des médecins et des pharmaciens qui sont de plus nombreux à intégrer les cycles de formations et d’Etudes Post-Universitaires dispensées à la Faculté de Médecine de Tunis. Une génération de médecins phytothérapeutes, et endobiogénistes est entrain de se préparer et de plus en plus de patients sensibilisés s’orientent vers ces thérapeutes en première intention.