Il a suffit d’un simple communiqué émanant du ministère de la Santé pour que le feu soit mis aux poudres.

Senda Baccar

La création de nouvelles communes en Tunisie, en 2015 et 2016, comme celle de Chatt Meriem, ont en parallèle ouvert la possibilité de créer immédiatement -sans passer par la case liste d’attente- de nouvelles officines de nuit.*
Une nouvelle qui n’est pas tombée dans l’oreille d’un pharmacien sourd puisque des dizaines de demandes sont parvenues, créant rapidement un cafouillage sans précédent !

En particulier, l’absence d’autorités compétentes ou l’impossibilité de les identifier clairement n’a pas facilité les démarches.
En réalité, certes la création de nouvelle Municipalités a été l’occasion pour Samira Merai, ministre de la Santé d’ouvrir un droit à la création immédiate de pharmacies de nuit dans ces nouvelles entités administratives sur la base du principe « premier arrivé, premier servi ». Mais à certaines conditions.
En premier lieu le dépôt d’un dossier complet comprenant notamment une attestation de localisation du futur local. Ce document a été l’occasion de plusieurs confusions car s’il revient au président de la municipalité de le délivrer, sur le terrain la tâche était moins aisée.
Plusieurs des nouvelles municipalités sont sans Président. Quid ? Faut-il revenir alors vers le mootamed ou encore le gouverneur ?
Une première consultation juridique a permis de désigner le gouverneur en dernier ressort, en cas d’absence de Président de Municipalité ou de son intérim.
Problème : plusieurs jeunes pharmaciens tentés par l’aventure ont déposé des dossiers ne comportant pas le document signé par l’entité compétente ou, pire encore, exigent d’être inscrits dans une liste d’attente… fantôme !
En effet, tant que la première pharmacie n’a pas encore été créée, il n’y a pas de liste d’attente.
CQFD !
Autre motif d’incompréhension, le cas de la scission en deux d’une ancienne municipalité existente, cas où le communiqué du ministère de la Santé précise qu’on revient à la liste d’attente de l’ancienne municipalité en proposant au premier de la liste la nouvelle zone pour autant qu’elle ne comporte pas déjà une pharmacie…
Pas simple ? Pour des pharmaciens, ces explications sont à portée. À moins que la quête absolue d’une officine ne les ait rendu… sourds à tous les arguments !

* Concernant les pharmacies de jour, l’administration revient à la liste d’attente de la délégation dont dépendent les communes nouvellement créées.