A l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le Sida

Une action de sensibilisation, d’information et de communication a été organisée, le dimanche 29 novembre, au parc Bir Belhassen à l’Ariana, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le Sida, célébrée le 1er décembre de chaque année. Le nombre de malades du SIDA est constant, comparativement aux années précédentes, et se situe aux alentours des deux milles cas a révélé le Dr Rym Ben Aïssa, gynécologue et commissaire régionale de l’Office national de la famille et de la population (ONFP), qui travaille en partenariat avec le Conseil régional de l’Ordre des pharmaciens à l’Ariana (CROPA) et avec la contribution du Comité régional du Croissant rouge tunisien (CRT), ce dernier participant également à la sensibilisation et la prévention qui vise adultes et jeunes à travers un programme de prévention du Sida dans l’espace public, les gares du Grand Tunis et les parcs naturels. 1.547 étant le nombre total des patients atteints du VIH/SIDA.

Hela Kochbati

Le rôle des pharmaciens est important dans la sensibilisation et la communication sur les mesures de prévention du SIDA et des maladies sexuellement transmissibles. Il en est, par ailleurs, de même pour les espaces « Ami des jeunes » dans le grand Tunis, relevant de l’ONFP et qui se mobilisent grâce à des médecins spécialistes et à des paramédicaux (sages-femmes, etc.), afin de répondre aux questions des jeunes sur la maladie et de les diriger, en cas de contamination, vers des centres de soins de leurs régions. Près de la moitié des cas atteints du VIH se trouvent dans le Grand Tunis. En Tunisie, il existe 25 centres de dépistage de cette maladie, situés dans 19 gouvernorats, le test étant anonyme et gratuit.

Ahlem Hajjar présidente du CROPA – Ariana

Cette manifestation est organisée par le Conseil régional de l’Ordre des pharmaciens à l’Ariana, conjointement avec la section de l’ONFP du gouvernorat. Cet événement vise la sensibilisation des jeunes et des moins jeunes sur le problème du syndrome d’immunodéficience acquise car une recrudescence de la pandémie a été constatée. Cette action est, par conséquent, importante pour une prise de conscience des dangers de cette infection sexuellement transmissible et c’est dans ce cadre que nous avons décidé de la réaliser avec l’Office national de la famille et de la population. Nous avons d’ailleurs déjà collaboré dans des manifestations autour du cancer du sein durant l’Octobre rose. Pour ce qui est du VIH-SIDA, nous avons procédé, il y a deux ans, à des interventions dans certains lycées comme celui de la cité Ettadhamen pour sensibiliser les jeunes sur les comportements à risque et les modes, encore peu connus, de transmission de la maladie, la prévention du SIDA étant bien moins coûteuse que le traitement. Par ailleurs, tous connaissent les prix des antirétroviraux en cette période de crise économique et tous, par conséquent, seraient bénéficiaires de cette sensibilisation, les jeunes se protégeant pour ne pas être contaminés, le budget sanitaire accordé par l’Etat ne s’en portera que mieux du fait de la réduction des infections. C’est pour cette raison qu’il faut s’investir et s’engager dans cette lutte contre la maladie.

Dr Rym Ben Aïssa Médecin gynécologue et déléguée régionale de l’ONFP dans le gouvernorat de l’Ariana

Quel est le but de cette manifestation ?

Nous célébrons aujourd’hui la journée mondiale du SIDA avec nos partenaires, essentiellement le CROPA, pour sensibiliser les jeunes quant à ce fléau. Nous voulons surtout les informer relativement aux risques, aux comportements à risques et à la prévention, parce que, malheureusement, ils ne sont pas conscients des conséquences encourues suite à la contamination par ce virus. Les jeunes constituent une cible prioritaire dans notre programme de prévention sanitaire.

Quelles sont les recommandations de prise en charge pour les patients séropositifs et atteints du SIDA dans notre pays ?

Il s’agit de lutter contre la toxicomanie et les rapports sexuels non protégés, ces deux facteurs étant les pourvoyeurs essentiels du SIDA. Parmi les recommandations, je citerais également l’abstinence, la fidélité dans les couples, l’utilisation d’instruments perçants stériles ou à usage unique et le traitement en cas d’apparition d’une infection sexuellement transmissible.

Quelles sont les activités proposées dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale de lutte contre le sida ?

Nous sommes réunis aujourd’hui avec nos partenaires, essentiellement le Conseil régional de l’Ordre des pharmaciens (CROPA) et d’autres associations, pour sensibiliser les jeunes quant à ce fléau. Nous avons projeté des documentaires et des spots et nous avons répondu aux interrogations des jeunes à propos du VIH.

Quel est le nombre de patients atteints du SIDA ?

Le nombre de malades du SIDA est constant, comparativement aux années précédentes, et se situe aux alentours de deux milles cas.

Comment prévenir la contamination ?

Il faut s’informer et, au moindre doute ou questionnement, ne pas hésiter à se diriger vers les centres de reproduction dans le gouvernorat le plus proche. Par ailleurs, au niveau de ces centres, il existe des espaces « Amis des jeunes » à leur service, c’est-à-dire que si une jeune personne a le moindre souci, elle peut se présenter au niveau de ces structures de conseil et de dépistage. Les prestations sont vraiment gratuites et anonymes. Nous sommes présents pour répondre aux besoins de tous, c’est pourquoi il faut poser des questions, se renseigner et consulter. Il s’agit de se prémunir contre cette épidémie et protéger autrui.

Mehrez Bouathmani  Vice Président du CROPA-Ariana

Cette manifestation est organisée par le CROPA, conjointement avec la section de l’ONFP de l’Ariana. Quels sont vos objectifs ?

En tant que pharmaciens quotidiennement en contact direct avec les citoyens, notre rôle est d’être présents dans le cadre de la journée mondiale de lutte contre le SIDA, le 1er décembre 2015. Nous visons à sensibiliser le grand public et surtout les jeunes au sujet de ce fléau.

En quoi consiste le rôle du pharmacien dans l’information sur le virus du SIDA ?

La sensibilisation est importante pour vaincre le SIDA et 25 centres de dépistage existent dans 19 gouvernorats du pays. Le test de dépistage consiste en une simple prise de sang permettant de détecter les charges virales du VIH dans l’organisme du patient. Au bout de 20 minutes, le patient peut avoir son résultat. En cas d’évolution de ce syndrome infectieux, des complications ont lieu et le système immunitaire s’affaiblit. Notre rôle, en tant que pharmaciens, consiste à demander aux personnes ayant un doute, suite à un comportement à risque, de s’orienter vers un centre de reproduction pour faire le dépistage et le diagnostic, ceux-ci étant anonymes et gratuits.

Raja Essoussi Secrétaire générale de l’Association tunisienne d’assistance aux malades du cancer du sein (ATAMCS)

Nous sommes une organisation active, essentiellement dans l’axe de la sensibilisation. L’ATAMCS est une association à but non lucratif qui vise la lutte contre le cancer du sein et l’assistance aux malades. Celle-ci compte de nombreux bénévoles et a la vocation d’œuvrer dans la sensibilisation, la prévention et le dépistage du cancer du sein. Nous enregistrons, en moyenne, près de 2.000 cas de cancer du sein chaque année et, malheureusement, cette pathologie touche de plus en plus de jeunes femmes en âge de procréer. Depuis l’année dernière, si nous ciblons les jeunes, c’est parce que la femme n’est plus menacée seulement après 50 ans mais également à partir de 30 ans, surtout celles qui présentent des antécédents familiaux. J’appelle, pour cette raison, les jeunes, présents à cet événement dans le cadre de la sensibilisation à la lutte contre le sida, à subir un dépistage, à s’informer car le cancer et le SIDA ne sont pas des tabous. Nous nous déplaçons dans les lycées, dans les milieux professionnels, nous nous rendons aussi dans les zones rurales pour atteindre le plus grand nombre. Il est toujours possible de guérir une tumeur détectée à 1 cm, par contre, lorsqu’elle est décelée à 4 cm, le pronostic vital est engagé. Nous sommes prêts à agir et à apporter notre contribution au CROPA dans leurs actions de sensibilisation, de prophylaxie et de communication.

Dr Maha Bargaoui Médecin en santé publique – Centre de santé de base de l’Ariana

Quels sont vos projets dans le cadre de cette manifestation ?

Le ministère de la Santé s’engage dans des campagnes de sensibilisation pour toucher les jeunes et ce, à travers la médecine scolaire et universitaire afin de les pousser à se protéger des risques de contamination par le VIH. Des clubs de santé dans les écoles et des locaux de soins dans les facultés ont pour rôle de prévenir les maladies chroniques et les problèmes de santé, dont celui du VIH. Par ailleurs, la journée d’aujourd’hui est particulière en ce sens que nous avons effectué une réunion du Conseil régional de l’Ordre des pharmaciens conjointement avec la section de l’ONFP de l’Ariana, les représentants du bureau directeur du croissant rouge de l’Ariana, les pharmaciens et les médecins de la région autour de la sensibilisation à la lutte contre le sida et le renforcement du partenariat public/privé. Cette action vise les élèves, les étudiants et le grand public pour éradiquer cette maladie qui tue encore. Nombreux sont les jeunes et moins jeunes qui méconnaissent les voies de transmission et les séquelles de cette épidémie. Nous avons également programmé de prochaines activités d’information, de communication et de prévention dans les universités.

Quel est le rôle d’information et de prévention du médecin de santé de base par rapport à ce syndrome ?

La prévention consistant à se prémunir des comportements à risque comme les relations sexuelles non protégées, la toxicomanie et le partage des seringues utilisées par les jeunes, toutes ces attitudes étant des facteurs de risques de transmission de la maladie, nous essayons de les sensibiliser car ils peuvent transmettre l’information à leur famille et à leur entourage. Avant le mariage, les couples doivent établir un certificat prénuptial dont les examens renferment un test de dépistage du sida. Il s’agit de se protéger et de préserver son partenaire. Par ailleurs, la femme enceinte doit, tout au long de sa grossesse, subir des tests pour avoir des enfants en bonne santé. Si, durant cette période, celle-ci ne sait pas qu’elle est contaminée par le virus du SIDA, elle peut le transmettre à son enfant, pour cette raison, elle doit faire une prise de sang pour un test de dépistage. Si ce dernier se révèle positif, elle doit recevoir le traitement antirétroviral suffisamment tôt pour protéger son enfant, avoir une meilleure chance de rémission et une espérance de vie plus longue.

Moheddine El Hani Président du bureau directeur du Croissant rouge de l’Ariana

Quelle est la contribution du bureau directeur du Croissant rouge de l’Ariana ?

Dans le cadre de la sensibilisation, la contribution du Croissant rouge consiste tout d’abord à faire des actions au niveau des établissements scolaires et universitaires. Nous avons également effectué des caravanes dans plusieurs zones du Grand Tunis pour mettre un frein à ce problème de la santé reproductive qui menace les Tunisiens. Nous œuvrons activement dans la lutte avec d’autres associations. Nous faisons évidemment tout ce qui est en notre pouvoir, et dans le cadre de nos moyens, pour prévenir ce fléau. Nous disposons de nos médecins et de nos ressources pour l’information et la prévention. Notre rôle est d’informer et de communiquer au niveau de la masse, ainsi que d’orienter vers les centres de dépistages.

Salwa Boulares Sage-femme à l’ONFP – Ben Arous

Quelles sont, de votre point de vue, les mesures de prévention du syndrome d’immunodéficience acquise ?

Durant la grossesse, la prévention consiste à effectuer le test de dépistage qui permet de protéger la mère et l’enfant. En outre, le certificat prénuptial étant obligatoire, il faut absolument subir les examens nécessaires, à savoir une analyse de sang, un diagnostic par radio thorax, un dépistage du sida et de la tuberculose, etc., et ne pas l’obtenir par simple requête, c’est ainsi que les conjoints se protègent et préservent leurs propres enfants. Par ailleurs, il est essentiel de traiter les autres infections sexuellement transmissibles, comme la syphilis, et éviter les rapports sexuels non protégés, d’utiliser des lames à raser et des seringues souillées et non stérilisées ou encore à usages multiples. Dans le cadre préventif, la sensibilisation des jeunes est très importante parce qu’ils sont des futurs parents.