Innover ou disparaître pour les petits laboratoires pharmaceutiques

laboratoire pharmaceutique

Les petits laboratoires pharmaceutiques en voie de disparition

A l’heure des fusions à 160 milliards de dollars, la question de savoir si l’on peut exister quand on est un laboratoire pharmaceutique avec un chiffre d’affaires de 1 à 4 milliards d’euros se pose.

C’est le cas pour Servier (3,8 milliards d’euros) mais aussi pour Pierre Fabre (2 milliards) ou pour Ipsen (1,7 milliard). Tous ces acteurs ont vu fondre des chiffres d’affaires basés sur des produits anciens. Ils doivent aujourd’hui innover ou disparaître. Leur taille ne leur permet pas de se lancer dans une concurrence frontale avec les géants du secteur, sauf à disposer de jokers.

C’est le cas d’Ipsen, qui détient des brevets clés sur des toxines capables de concurrencer le Botox, aujourd’hui aux mains de Pfizer. En revanche, aucun domaine thérapeutique ne doit être éliminé a priori, même ceux qui supposent des essais cliniques de grande envergure donc très coûteux, car si l’on dispose d’une molécule réellement innovante, on trouvera toujours un partenaire prêt à financer tout ou partie des essais.

De son côté, Ipsen s’est spécialisé avec succès dans les tumeurs neuroendocrines avec Somatuline. Les cancers représentent même une partie non négligeable des maladies rares et, s’il n’existe pas encore de traitement, il est possible de bénéficier du statut de « médicament orphelin », qui permet un processus d’approbation accéléré par les agences sanitaires et une exclusivité commerciale qui dépasse la durée normale d’un brevet.

Enfin, l’accord entre Servier et la biotech Cellectis, qui développe de l’immunothérapie cellulaire des cancers, montre que même les domaines les plus concurrentiels et les plus prometteurs comme l’immunothérapie des cancers sont accessibles à condition de prendre des risques.

En un mot, si les petits laboratoires savent être réalistes et astucieux, leur taille peut même devenir un atout. Là où les grands groupes doivent soumettre les décisions à de multiples validations successives, les petites structures vont vite.

Les dirigeants de Servier ont fait de la rapidité et de l’agilité des vertus cardinales. Et ce sont ces mêmes vertus qui ont permis à Ipsen de racheter le britannique Syntaxin au nez et à la barbe du propriétaire du Botox.

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