Flore instestinale contre inflammation chronique

Méconnu mais vital, le microbiote intestinal regroupe l’ensemble des micro-organismes vivant dans l’intestin. Soit 100.000 milliards de bactéries, virus et champignons !
Des chercheurs de l’INRA ont trouvé un moyen d’utiliser cette flore comme alliée contre le développement de maladies liées à une inflammation chronique (diabète, sclérose en plaques, certaines formes de cancer…) dont on ne sait pas traiter l’origine. Ils ont développé une plate-forme de « métagéno­mique quantitative » capable, à partir d’un prélèvement de matière fécale, de réaliser une cartographie des gènes des bactéries présentes dans l’intestin. Elle a donné naissance, en 2012, à Enterome. La biotech parisienne développe des médicaments dérivés du microbiote, ainsi que des biomar­queurs pour mieux diagnostiquer ces maladies et l’efficacité de leurs traitements. Elle est dirigée par Pierre Bélichard, un serial-entrepreneur doté d’un large réseau dans la phar­ma­cie, cofondateur notamment de la société d’ophtalmologie Fovea revendue depuis à Sanofi.

En quatre ans, l’entreprise d’une trentaine de salariés a levé 17,5 millions d’euros auprès d’industriels (la grande biotech irlandaise Shire et le fonds du laboratoire danois Lundbeck), de l’Inra Transfert et des fonds d’investissement Seventure Partners et Omnes Capital. Pour financer sa R & D, il a aussi bouclé deux accords stratégiques avec des géants de la pharmacie, l’américain Johnson & Johnson pour des traitements de la maladie de Crohn, une pathologie inflammatoire chronique, et le japonais Takeda pour d’autres troubles graves de l’intestin. En attendant les premiers médicaments, d’ici à quelques années, qui lui permettront d’atteindre la rentabilité, son premier test non invasif dans la maladie de Crohn devrait être disponible avant la fin de l’année, générant les premières ventes.