Les erreurs médicamenteuses peuvent causer des dommages considérables, notamment chez les enfants et les personnes âgées particulièrement vulnérables.

L’équipe des chercheurs américains du National Children’s Hospital a analysé les appels aux centres anti-poisons, associés à des erreurs médicamenteuses sur une période de près de 13 ans, soit de 2000 à 2012. Les scientifiques ont pris en compte les erreurs ayant entraîné des effets médicaux sévères, c’est-à-dire les évènements médicamenteux qui se sont produits en dehors des établissements de soins de santé, principalement au domicile, affectant des sujets de tous les âges avec une grande variété de médicaments. L’analyse de cette étude a démontré une augmentation de 100% de l’incidence de ces erreurs médicamenteuses graves en 13 ans, soit pour 100.000 américains, un taux qui progresse de 1,09 en 2000 à 2,28 en 2012, la fréquence et les taux d’erreurs de médicaments augmentent pour toutes les tranches d’âge, sauf chez les enfants de moins de 6 ans.
En fait, chez les enfants de moins de 6 ans, le taux d’erreurs était élevé dès le commencement de l’étude et s’est réduit à partir de 2005. Les chercheurs américains ont relevé que cette baisse était directement liée avec l’arrêt d’utilisation de certains médicaments contre la toux et le rhume.

Parmi les traitements médicamenteux qui présentent des effets indésirables sévères, il y a les médicaments cardiovasculaires (21%), les analgésiques dont médicaments comportant de l’acétaminophène (44%) ou des opioïdes (12%), les hormones ou les antagonistes hormonaux comme l’insuline (11%). Les médicaments cardiovasculaires et analgésiques combinés représentent ainsi plus des deux tiers des décès liés aux erreurs médicamenteuses recensées dans cette étude.

« Les industriels du médicaments et les pharmaciens ont un rôle important dans la diminution des erreurs de médicaments grâce à l’information, les notices et l’étiquetage des produits médicamenteux. Les instructions de dosage pourraient être plus claires » remarque Henry Spiller, MS, D.ABAT, co-auteur de l’étude et directeur du Central Ohio Poison Center at Nationwide Children’s.

Parmi les erreurs les plus communes ont trouve la prise du « mauvais médicament », une posologie incorrecte et la prise par 2 fois d’un médicament.
Chez les enfants, ce sont les erreurs de dosage et la prise par inadvertance d’un traitement destiné à quelqu’un d’autre.
Un tiers de ces erreurs ont entraîné une admission à l’hôpital.

Les chercheurs concluent «La gestion des médicaments est une compétence importante pour tous, mais les parents et les soignants ont la responsabilité supplémentaire de gérer les médicaments d’autrui»

Et les chercheurs de donner quelques pistes simples :
– Patients, parents et soignants peuvent noter à quelle heure les médicaments sont administrés, pour éviter les doubles prises.
– Les médecins et les pharmaciens peuvent enseigner aux patients, aux parents et aux soignants à prendre ou à administrer des médicaments afin de minimiser les risques d’erreurs de médicaments. Et s’assurer de la bonne compréhension.
– Utilisez des emballage résistant aux enfants et rangé hors de leur vue et de leur portée.

Source « Clinical Toxicology » – Study finds rate of medication errors resulting in serious medical outcomes rising.