40 bougies pour la Faculté de Pharmarcie de Monastir

Implantée depuis 40 ans dans la splendide station balnéaire qu’est Monastir, la Faculté de pharmacie (FPM) doit sa création à un homme issu de cette terre des lumières, dans tous les sens du terme, Habib Bourguiba, ce digne héritier d’une Tunisie multicivilisationnelle.

Dès lors, des hommes se sont attelés à la grandiose tache qu’a été la mise à exécution de cette création et ce, avec une volonté d’acier et une détermination sans faille. L’éminent Professeur en médecine et en pharmacie, feu Mahmoud Yacoub, était de cette trempe d’hommes et ses qualités humaines et scientifiques ont été d’un grand apport dans le démarrage de la Faculté de pharmacie de Monastir, durant une conjoncture des plus propices et des plus favorables, puisque le pouvoir français s’est fermement rangé en faveur de la Tunisie de Bourguiba, qui a résolument décidé de l’orienter vers le progrès et la science.

Des sommités des sciences pharmaceutiques, des doyens de faculté, des chefs des départements de diverses facultés françaises de pharmacie, dont Paris, Marseille, Grenoble, Toulouse…, se sont relayés dans cet établissement pour dispenser des cours magistraux de haut niveau. Certains parmi eux ont leurs ouvrages dans la bibliothèque de la Faculté de pharmacie de Monastir, d’autres sont des découvreurs de molécules médicamenteuses mais la grande modestie de ces enseignants hors pairs n’a d’égales que leur joie et leur fierté d’enseigner en Tunisie. Beaucoup parmi ces enseignants distingués ont pris en stage de résidanat un nombre notable de nos diplômés.

Il ne faut pas non plus omettre ceux qui se sont investi corps et âme dans la mise en route de cette première institution universitaire du genre dans notre pays qu’est la Faculté de pharmacie de Monastir. Parmi eux Kamel Boukef (matières médicales, hématologie), Mohammed Zribi (parasitologie, hygiène), Mahmoud Karoui (galénique). D’autres vénérables enseignants ont contribué à dispenser des cours en conformité avec les normes occidentales de pharmacie, comme feu Salem El Gholli (physique, biophysique), Mme El Gholli (mathématiques), Denis Lemordant (botanique), Robert Malbosc (toxicologie), Amor Toumi (pharmacologie), Moncef Jeddi (microbiologie), Zine Meghri (chimie organique), feu Mokhtar Neïfar (bactériologie), Radhi Jazi (législation), Férielle Ellouze (biochimie), ainsi que tout le personnel de l’établissement, à sa tête Hachemi Maaroufi, le premier secrétaire général, Moncef Skhiri, le premier chef de scolarité.

Bien d’autres noms demeurent inoubliables et seront à jamais présents avec force dans la mémoire, l’esprit et le cœur de milliers d’étudiants de la Faculté de pharmacie de Monastir.

En quarante ans, la Faculté de Pharmacie a acquis une renommée dépassant nos frontières et le Maroc s’est enrichi de centaines de diplômés qui en sont issus, de même pour la Palestine, le Liban, l’Algérie et certains pays d’Afrique Noire comme le Mali ou le Sénégal.

Le grand mérite de la Faculté de pharmacie de Monastir c’est qu’elle a couvert, dans une certaine mesure, les besoins de notre pays en pharmaciens dans différentes options, rapprochant ainsi au mieux le service pharmaceutique des Tunisiens, permettant l’ouverture de laboratoires d’analyses médicales dans un grand nombre d’agglomérations, la création et la croissance de l’industrie pharmaceutique, entre autres, par ses diplômés. Leurs confrères veillent aussi à la dispensation et à la gestion des médicaments au sein des hôpitaux et des centres hospitaliers et des pharmaciens biologistes, en majorité diplômés de la Faculté de pharmacie de Monastir, gèrent et dirigent les laboratoires d’analyses médicales des centres hospitalo-universitaires.

En outre, et depuis bon nombre d’années, la Faculté de pharmacie de Monastir a connu un retour de ses compétences dans les secteurs de l’enseignement et de l’encadrement, ses propres diplômés ayant rejoint les chaires des amphithéâtres, les salles de travaux dirigés et celles de travaux pratiques.

Quarante ans déjà et je me souviens de petites pousses de palmiers piquées la première année à la Faculté de pharmacie de Monastir, leurs cimes tentant aujourd’hui de rejoindre le ciel, de ficus retusa et elastica (caoutchouc) plantés durant les débuts de l’institution, faisant maintenant un magnifique ombrage à la grande cour et enlaçant tendrement le bureau du doyen et ceux avoisinants, témoins impassibles, depuis la naissance de la Faculté de pharmacie de Monastir, d’étudiants avec leurs états d’âme, leurs soubresauts sentimentaux, leurs joies, leurs angoisses, et agréables refuges par leur ombrage et leur fraîcheur. Cette faculté recèle des lieux, des coins et recoins tout aussi narratifs que des milliers de pages. 

La Faculté de pharmacie de Monastir a connu, durant ses quarante ans, des agrandissements, des extensions et surtout des améliorations, ces dernières étant l’œuvre de deux doyens qui en sont issus, Rached Azaïez et Souad Sfar, leur nomination à la tête de la direction ayant laissé une empreinte nettement perceptible. Avec eux, la Faculté de pharmacie de Monastir a eu sa touche d’embellissement, une clôture, l’aménagement des entrées et du parking. Au chapitre cursus universitaire, le premier a instauré le diplôme de docteur en pharmacie ainsi qu’une sixième année d’internat en pharmacie, pour consolider les niveaux scientifique et professionnel. La seconde a institué le projet d’appui à la qualité qui a favorisé la culture de la compétence, la gestion par objectif et la pharmacie expérimentale pour améliorer la professionnalisation de la formation des futurs pharmaciens et pharmaciennes.

Enfin, en quarante ans, un sentiment, tel un métal précieux, reste immuable, fait à la fois de vénération, d’admiration et d’amour pour tous nos enseignants de la Faculté de Pharmacie de Monastir.

Hajji Badreddine