Fièvre aphteuse L’enzootie rôde dans notre pays …

Epidémie de fièvre aphteuse

D’origine virale, la fièvre aphteuse, représente l’une des maladies animales les plus contagieuses. Elle est soumise à déclaration obligatoire et appartient à la liste A du code zoo-sanitaire de l’Office International des Epizooties (OIE). Ce sont les mammifères bi-ongulés qui sont touchés par cette affection dont la manifestation se caractérise par l’apparition d’aphtes et d’érosions au niveau des muqueuses mammaires, nasales et buccales. Les conséquences des signes cités précédemment se traduisent par une salivation intense, des difficultés de la mastication, ainsi que des boiteries. Cette affection est sans danger pour l’homme mais son apparition dans un pays peut entraîner des pertes économiques importantes telles que la fermeture de marchés extérieurs, l’abattage d’animaux et la diminution de la production laitière.                                

                                                                                                                             Jihène Sassi

Les pays touchés par la fièvre aphteuse en Afrique du nord sont l’Algérie, la Libye et l’Egypte.  En 2014, il a été révélé la présence, dans 19 gouvernorats de la Tunisie, de foyers de fièvre aphteuse parmi les bovins, ovins et caprins sensibles. La Tunisie n’a vu aucun cas de fièvre aphteuse depuis mars 1999. La détection du premier foyer a eu lieu en avril 2014, suite à l’introduction dans l’élevage d’une ferme du gouvernorat de Nabeul, de deux bovins de statuts immunitaires inconnus. Le diagnostic clinique de la fièvre aphteuse (aphtes, ulcères, salivation) et les tests approfondis au laboratoire (virologie, microscopie électronique, biologie moléculaire et immunologie, PCR en temps réel) se sont effectués au ministère de l’Agriculture au sein de l’Institut de Recherche Vétérinaire de Tunisie. Un rapport de confirmation de diagnostic a été émis par la Tunisie le 29 avril 2014 pour une notification immédiate à l’organisation intergouvernementale chargée d’améliorer la santé animale dans le monde, l’OIE.  Entre les mois de mai et septembre 2014, le nombre de foyers a atteint les 134 et les gouvernorats concernés étaient : l’Ariana, Sidi Bouzid, Bizerte, Jendouba, Kasserine, Kairouan, Zaghouan, Béja, Le Kef, Sfax, Tataouine, La Manouba, Mahdia, Ben Arous, Monastir et Médenine. Les réapparitions de ces foyers ont été sujettes à onze autres rapports de suivi auprès de l’OIE.

Le plan d’action communiqué par la Tunisie, suite au retour de cette épizootie, avait consisté en une mise en quarantaine des animaux. D’autres mesures ont été prises comme le contrôle, la surveillance et la restriction du déplacement des animaux à l’intérieur du pays afin de protéger les zones indemnes, l’activation des cellules de crise nationale et régionales, l’application de la police sanitaire par l’abattage sanitaire systématique ou partiel, l’enfouissement des dépouilles dans de la chaux,  la désinfection  des locaux et des véhicules sortant des gouvernorats touchés, l’installation de postes de vaccination aux entrées des marchés aux bestiaux, l’activation du plan de communication, puis la mise en place d’une stratégie d’investigation épidémiologique visant à détecter l’origine de cette infection.

La réponse de la Tunisie en ce qui concerne la cause identifiée et déclarée de la réapparition de la fièvre aphteuse dans le pays était : « le transport illégal d’animaux ».

Malgré toutes les mesures citées ci-dessus, l’OIE a émis, en septembre 2014, une décision concernant le statut de la Tunisie vis-à-vis de la fièvre aphteuse : « Suite à la réception de rapports du Délégué de la Tunisie sur la situation de la fièvre aphteuse notamment depuis juillet 2013 quant au programme officiel validé de contrôle de la fièvre aphteuse, la Commission scientifique pour les maladies animales de l’OIE, après un examen approfondi des informations fournies, a unanimement conclu que la Tunisie ne remplissait pas les conditions requises par le Code terrestre permettant à un pays d’obtenir un programme officiel validé de contrôle de la fièvre aphteuse, et a décidé de retirer la validation du programme officiel de contrôle de la fièvre aphteuse conformément à l’Article 8.7.48 du Code terrestre. Par conséquent, la validation du programme officiel de contrôle de la fièvre aphteuse de la Tunisie tel que reconnu par l’Assemblée mondiale des Délégués de l’OIE par la Résolution n° 15 en mai 2012 est retirée depuis le 19 septembre 2014 ». La Tunisie rejoint ainsi la liste des pays dont le statut vis-à-vis de la fièvre aphteuse est non reconnu.

Commentaires

commentaires