Une nouvelle étude américaine révèle que l’association de 2 immunothérapies permet d’obtenir de meilleurs taux de réponse qu’avec un anticancéreux spécifique chez les malades souffrant de cancer du rein avancé à risque intermédiaire ou bas et n’ayant pas été traités antérieurement.

2 immunothérapies vs un anti-tyrosine kinase spécifique

Des chercheurs américains rapportent dans une étude que l’association de 2 immunothérapies, le nivolumab et l’ipilimumab, obtient de meilleurs taux de réponse que le sunitinib, un anti-tyrosine kinase spécifique, chez les malades souffrant d’un cancer du rein ou carcinome rénal à une phase avancée à risque intermédiaire ou faible et n’ayant pas été traités antérieurement.
Leurs résultats ont été publiés dans le NEJM en mars 2018. L’équipe de chercheurs a mené un essai randomisé (CheckMate 214) afin de comparer l’association du nivolumab et de l’ipilimumab par rapport au sunitinib chez 1096 malades atteints de carcinome rénal avancé n’ayant pas été traités.
Il est à noter que le sunitinib est un inhibiteur de la tyrosine kinase du récepteur du facteur de croissance de l’endothélium vasculaire. C’est un traitement de première intention du carcinome rénal avancé.
Par ailleurs, le nivolumab est un anticorps anti-PD-1 indiqué dans le traitement du carcinome rénal avancé après un traitement antiangiogénique.
L’ipilimumab est un anti-cytotoxique, et plus précisément un anticorps monoclonal humain de type IgG1 orienté contre la protéine CTLA-4, communément indiqué dans le traitement du mélanome métastatique.

Au bout de 18 mois, le taux de survie globale s’élève à 75 % pour le groupe traité par nivolumab et ipilimumab contre 60 % pour celui qui est traité par sunitinib. Concernant le taux de réponse objective, il est de 42% contre 27%, quant au taux de réponse complète il est de 9% contre 1%. Par ailleurs, la médiane de survie sans progression est respectivement de 11,6 mois contre 8,4 mois.
Il est à souligner que des effets indésirables liés au traitement surviennent dans 93% des cas du groupe nivolumab et ipilimumab contre 97% au sein du groupe sunitinib. Des évènements plus sévères (de grade III ou IV) sont également survenus chez 46% du groupe nivolumab et ipilimumab contre 63% dans l’autre groupe. Ces évènements ont nécessité l’arrêt du traitement chez 22% du groupe nivolumab et ipilimumab contre 12% dans le groupe sunitinib.

De plus, un groupe de 550 personnes a reçu du nivolumab et de l’ipilimumab par voie intraveineuse toutes les 3 semaines et ce aux doses respectives de 3 mg/Kg et 1 mg/Kg suivis de nivolumab à la même dose toutes les 2 semaines, et 546 ont reçu 50 mg de sunitinib par voie orale une fois par jour pendant 4 semaines.
L’objectif était d’évaluer la survie globale, le taux de réponse objective et la survie sans progression de la pathologie chez les patients ayant un risque pronostique moyen ou faible. La durée moyenne du suivi a été de 25,2 mois.
Les chercheurs américains ont pu conclure que la survie globale et les taux de réponse objective sont significativement plus élevés avec l’association du nivolumab et de l’ipilimumab qu’avec le sunitinib chez les patients à risque intermédiaire ou faible ayant un carcinome rénal avancé qui n’a pas été préalablement bien traité.