« La DJIN nous permet d’éviter les graves accidents »

Professeur, à la Faculté des sciences pharmaceutiques et biologiques de l’Université Paris Descartes, membre de commissions de
l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (médicaments dérivés du sang, produits issus des biotechnologies, vaccins,
allergènes, stupéfiants,…), organisateur de congrès annuels (Pharmacie hospitalière convergence santé hôpital), praticien hospitalier et
chef de Service de l’hôpital Bichat-Claude Bernard, Philippe Arnaud répond aux quelques questions qui lui sont posées.

Peut-on établir un lien entre DJIN et diminution des dépenses hospitalières ?

La DJIN est un système développé en Europe et qui a apporté beaucoup de bénéfices. La diminution du coût de la santé n’est pas le seul avantage de ce système, puisqu’il s’accompagne également de la diminution des risques d’erreurs pour les malades. Il est vrai que la dispensation nominative, donc journalière, s’est imposée comme une épreuve de testabilité et une sécurisation de ce circuit du médicament. Elle a donc permis de diminuer les risques, parfois responsables d’accidents graves pour les malades. Aux Etats-Unis, par exemple, 0,32% de décès résultent de ce type d’erreurs, sixième cause de décès. En France, près de 5% des décès sont dûs à des erreurs médicamenteuses, dont 40 à 45% auraient pu être évités. Comment ? Par un contrôle à tous les niveaux ! De la prescription à la consommation du médicament par le patient. Tout doit être épluché par le médecin et le pharmacien dans le cadre d’un circuit sécurisé et informatisé. Le deuxième bénéfice, très explicite, c’est la réduction des dépenses.

Cette diminution des dépenses est-elle importante ou symbolique ?

La minimisation des dépenses en médicaments engendre forcément une diminution du coût de la santé. Je pense que, dans nos hôpitaux, si l’on applique scrupuleusement le système DJIN et si on le généralise, cela permettra de diminuer, de façon substantielle, les dépenses. Mais pour en arriver là, encore faut-il investir auparavant. On n’a rien pour rien.

En quoi consistent ces investissements ?

Il faut, essentiellement, investir dans l’informatique. Mais il faut aussi des chariots robotisés pour le transport de médicaments. L’investissement doit se faire également dans l’apprentissage et la formation continue mais ceux-ci impliquent le recrutement d’informaticiens de haut niveau et une bonne formation de pharmaciens cliniciens en milieu hospitalier.

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