Retour sur la 6ème journée scientifique du CROPT

Le rôle du pharmacien dans la lutte contre le cancer

« Le rôle du pharmacien dans la stratégie de lutte contre le cancer », tel a été le thème de la 6ème journée scientifique organisée par le Conseil régional de l’Ordre des pharmaciens de Tunis le 6 février 2016 à l’hôtel l’Acropole aux Berges du lac. Inaugurée par Omelkhir Hamada, la présidente du CROPT, cette rencontre avait comme objectif de mettre en exergue le rôle majeur joué par le pharmacien dans la lutte contre les maladies cancéreuses.

Entièrement dédié à la cancérologie en Tunisie, le programme a été animé par des experts en la matière qui se sont chargés d’approfondir le débat en exposant des sujets tels que : «le rôle du pharmacien dans la stratégie de lutte contre le cancer», par le Dr Hamrouni Abdelkarim, les «traitements médicaux des cancers colorectaux en 2016» et l’«apport de la chimiothérapie et des thérapies ciblées », par le Pr Hamouda Boussen, l’« Homéopathie et soins de support en oncologie », par Michèle Boiron, la « Sécurisation du circuit de distribution des médicaments anticancéreux à l’officine et à l’hôpital» par le Dr Nacima Oussedik.

Saima Ksibi

Pr Hamouda Boussen Professeur en oncologie médicale à la Faculté de médecine de Tunis, Chef de service d’oncologie à l’hôpital Abderrahmen Mami à l’Ariana et membre du comité d’élaboration des plans anti cancer en Tunisie

Grâce aux efforts pharmaceutiques, les cancers colorectaux ont connu plusieurs progrès thérapeutiques en termes d’épidémiologie. En effet, ce sont des tumeurs qui augmentent avec le changement du mode de vie et la consommation des viandes rouges.

Il est important de mentionner que plus le nombre de malades augmente, plus les grands laboratoires pharmaceutiques investissent en recherche et développement à tous les niveaux de la prise en charge pharmaceutique, aussi bien au niveau de l’officine qu’au niveau de la pharmacie hospitalière. Le pharmacien est donc impliqué dans la R&D des grandes industries pharmaceutiques.

Qu’en est-il de l’incidence des cancers colorectaux en Tunisie ?

Le nombre de patients devient de plus en plus important en Tunisie et son incidence est en train de tripler, voire de quadrupler, et il est probable que, dans quelques années, le cancer colorectal devienne le 1er cancer, aussi bien chez l’homme que chez la femme.

En regardant les données actuelles, l’incidence devient plus importante chaque année et il y a environ 1.000 cancers du colon avec, malheureusement, un diagnostic généralement tardif.

Certaines personnes remarquent des saignements inhabituels mais pensent qu’il s’agit d’hémorroïdes et même lors d’une consultation chez le médecin généraliste, le cancer peut ne pas être dépisté. Malheureusement 20 % de ces cas sont métastatiques et leur survie devient un combat.

Quel rôle le pharmacien joue-il dans la prise en charge de la maladie cancéreuse ?

Aujourd’hui, nous menons un combat avec une équipe pluridisciplinaire où le pharmacien a une place importante et un rôle primordial à jouer. Ce combat consiste à tenter de guérir certains de ces malades et, pour certains, de prolonger leur vie, y compris pour les malades de stade 4.

Depuis quelques années, les thérapies contre le cancer sont ciblées et beaucoup plus précises, c’est ce qui augmente les chances de survie des patients métastatiques.

es résultats des thérapies ciblées sont très impressionnants et bon nombre de malades métastatiques réussissent à reprendre des activités normales, voire à guérir.

Nous voyons apparaître, sur le marché, de nouveaux produits comme le Regorafenib, une drogue orale, l’Aflibercept, etc. C’est pourquoi nous avons besoin de pharmaciens de très haut niveau qui connaissent les voies moléculaires et ce, pour les exposer tant aux médecins qu’à leurs confrères.

Le rôle du pharmacien est donc très important, c’est un maillon indispensable dans la chaine de l’information du malade si tel n’a pas déjà été le cas et en sachant qu’en 2016-2017 la prise en charge d’un cancéreux reposera essentiellement sur l’information au patient, chaque malade devant être sensibilisé quant à son parcours de soins dès son passage en officine.

Pour conclure, il est important de mentionner que les pharmaciens, régulateurs et législateurs, hospitaliers et d’officine, jouent un rôle essentiel dans les contrôles de prescription et de dispensation des médicaments »

Cancer et homéopathie ne sont pas à mettre en parallèle. L’homéopathie n’a jamais été un traitement contre le cancer mais plutôt une thérapeutique complémentaire, un soin d’accompagnement à différents moments du parcours de soin des patients visant à améliorer leur état général, tout en diminuant les effets secondaires des traitements.

Les traitements homéopathiques sont prescrits en plus des traitements habituels mais jamais pour les remplacer, afin d’en potentialiser l’action et de diminuer les effets secondaires.

L’homéopathie aide à soutenir et améliorer l’état général. Elle aide les patients à se sentir mieux et à ressentir moins de fatigue.

C’est une thérapeutique complémentaire, recommandée dès le choc de l’annonce, qui suit le traitement à chacune de ses étapes et qui se poursuit après : prise en charge du choc émotionnel, de la colère, de la dépression, de la sidération, de la tristesse et de l’anxiété.

En cas de recours à la chirurgie, l’homéopathie peut améliorer la cicatrisation et permettre de mieux supporter l’anesthésie générale. Pendant la chimiothérapie, elle intervient dans le soutien de la fonction hépatorénale. En accompagnement de la chimiothérapie, l’homéopathie peut intervenir efficacement sur les nausées d’anticipation ou tardives, sur la perte d’appétit, sur la constipation, sur les troubles stomatologiques (aphtes, mucite, hypersalivation), les troubles cutanés (syndrome main-pied, fissures, sécheresses, prurit, folliculite), les neuropathies périphériques, les thrombopénies et les ecchymoses spontanées.

Elle apaise également les effets secondaires de la radiothérapie. Quand elle est utilisée en soins palliatifs, l’homéopathie peut soutenir la vitalité physique et psychique du patient. L’homéopathie permet d’améliorer leur qualité de vie, de potentialiser les chimiothérapies avec moins de séquelles tardives et une meilleure observance des traitements.

Michèle Boiron pharmacienne et administratrice des laboratoires Boiron

« Certains se posent la question de savoir ce que vient faire l’homéopathie dans les soins du cancer et pensent que les personnes cancéreuses ne peuvent être traitées par cette méthode.

Je confirme mais je tiens à signaler que les malades du cancer ont besoin de bien-être et de mieux-vivre pendant ces moments de souffrance.

En quoi consistent les soins de support ?

Les soins de supports sont appliqués conjointement aux thérapeutiques et sont absolument indispensables, c’est l’ensemble des moyens que l’on met à la disposition du malade pour qu’il se sente mieux.

Le pharmacien a un rôle important, au quotidien, notre corps de métier en tant que pharmaciens reposant grandement sur l’empathie et la proximité avec les patients, ainsi que la disponibilité, le sens de l’écoute et, avec le temps, une relation spéciale est tissée, qui repose sur la confiance avec les patients.

Pourquoi se tourner vers l’homéopathie ?

L’homéopathie est une chance supplémentaire offerte aux patients puisqu’elle met à leur disposition des médicaments efficaces, sans effets secondaires et d’action rapide en cas de symptômes aigus non répétitifs.

Aujourd’hui, on fait de plus en plus attention à son bien-être et l’on opte pour le naturel, le bio, etc.

De plus, quand un pharmacien se montre attentif, à l’écoute du patient et sait donner les bons conseils, il réussit à fidéliser sa clientèle.

L’homéopathie est donc une thérapeutique complémentaire qui aide les gens à poursuivre un traitement lourd et à se sentir mieux sans abandonner la chimiothérapie, les traitements homéopathiques aidant à réduire les syndromes tels que mains et pieds, par exemple, les rendant supportables.

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