L’exécutif libanais veut autoriser les pharmaciens à privilégier les génériques fabriqués au Liban et envisage de durcir sa réglementation douanière avec les pays qui limitent les importations des médicaments libanais.

Mobilisation des troupes au Liban, autour de l’industrie pharmaceutique.

Le ministre de la Santé et vice-président du Conseil des ministres, Ghassan Hasbani, et le ministre de l’Industrie, Hussein Hajj Hassan, ont donné au mois de mars le coup d’envoi d’une campagne de soutien à l’industrie pharmaceutique locale, parrainée par le Premier ministre, Saad Hariri.
Pour cette filière en difficulté, qui peine à s’ouvrir à l’international voire ne trouve pas de débouché sur le marché local, diverses mesures seront prises selon notre confrère « L’Orient Le jour ».
Première des mesures, l’autorisation de substitution qui sera accordée aux pharmaciens, leur permettant de substituer aux médicaments importés les génériques libanais et ce à travers l’ordonnance unifiée.
En outre, les producteurs locaux seront privilégiés dans tous les achats de médicaments par appel d’offres.
Les acteurs de la santé seront également amenés à encourager et à favoriser la production locale.
Autre enjeu stratégique, l’exportation qui ne peut être envisagée sans un « renforcement de la qualité des produits libanais », conformément aux standards internationaux.
Mais il est également envisagé, pour le ministre libanais, d’appliquer le « principe de réciprocité » en matière de réglementation douanière vis-à-vis des pays qui limitent les importations de médicaments libanais sur leur territoire.
« Ce n’est pas une question de spécificité ou de qualité: (…) nos laboratoires sont encadrés par des experts de sociétés à la renommée internationale », a martelé le ministre de l’Industrie, pointant notamment du doigt les « mesures protectionnistes » appliquées par certains pays. « Nous exportons peu parce que les pays de la région protègent leur industries locales : il y a par exemple près de 150 médicaments saoudiens enregistrés au Liban pour seulement trois médicaments libanais sous licences enregistrés en Arabie saoudite », a confirmé de son côté à L’Orient-Le Jour la présidente du syndicat des industries pharmaceutiques libanaises, Carole Abi Karam.
Selon les douanes, le Liban a importé 11 886 tonnes de produits pharmaceutiques en 2016 pour un peu plus de 1,2 milliard de dollars, des chiffres respectivement en hausse de 6,7 et 7,9 % par rapport à 2015.
En revanche, le pays n’a exporté que 1 142 tonnes de médicaments en 2016 pour près de 54 millions de dollars (respectivement +53 % et -2,7 %).
Hajj Hassan a également appelé à soutenir l’industrie pharmaceutique locale dans une plus large mesure, notamment
« en créant des zones industrielles » ou en « subventionnant le coût de l’énergie ». Il a enfin invité les distributeurs de médicaments à privilégier la production nationale.

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