Marché pharmaceutique français en recul

Placé au 5ème rang mondial, le marché pharmaceutique français devrait s’effondrer à la 8ème place en 2020, selon les prévisions de l’étude Intelligence.360 du cabinet IMS Health, dévoilée ce mercredi 30 mars, dépassé par le Brésil, le Royaume-Uni et l’Italie. Alors que le marché pharmaceutique mondial progressait de 8,9 % en 2015, atteignant 1.069 milliards de dollars, la France a enregistré une chute de 1,1 % des ventes de médicaments remboursables.

Une situation inquiétante mais qui ne surprend plus, après plusieurs années de récession durant lesquelles les cessions d’usines et les plans sociaux se sont enchaînés dans le secteur, qui détruit désormais plus d’emplois qu’il n’en crée. La croissance en volume sera plutôt tirée par les pays émergents, mais les Etats-Unis s’octroieront toujours 41 % du marché, contre 13% pour le top 5 européen (Allemagne, Royaume-Uni, France, Italie, Espagne) et 11% pour la Chine. Alors qu’environ 500 millions d’euros étaient consacrés aux innovations et nouveaux produits remboursables il y a une décennie, ce montant n’est plus que de 200 millions aujourd’hui, les pouvoirs publics veillant en priorité à assurer un accès à la santé à tous dans l’Hexagone, et ce, sans compter les baisses régulières des prix des médicaments remboursables par les gouvernements successifs pour alléger les dépenses de la Sécurité Sociale.

Par ailleurs, sur un marché mondial confronté aux pertes de brevets de médicaments, avec 190 milliards de dollars de chiffre d’affaires concernés dans les cinq ans, selon IMS Health, les laboratoires pharmaceutiques ripostent en lançant de nouveaux traitements, en particulier dans les domaines du cancer, du diabète, et des maladies rares. 225 nouvelles molécules sont ainsi attendues entre 2016 et 2020, contre 184 entre 2011 et 2015, parmi lesquelles de nombreuses thérapies ciblées, certes innovantes mais dédiées à des nombres réduits de patients, aux coûts élevés générant une augmentation des prix. D’où l’appel, le 23 mars, de François Hollande à « lutter contre l’inflation des prix des médicaments et permettre qu’il y ait une régulation au plan international pour que la France puisse assurer l’accès aux soins et faire en sorte que chacun puisse bénéficier des médicaments, y compris des thérapies les plus coûteuses ». Une cause qu’il entend bien défendre devant le G7 en juin, puis le G20 en septembre.