Renvoi du procès Médiator en mai 2014

Le procès du Mediator, en cours depuis dix jours, est reporté pour supplément d’information, une procédure demandée par le parquet de Nanterre et suivant les conseils de Jacques Servier, la prochaine audience étant fixée pour le 15 mai 2014, soit dans un an…
Ce médicament est suspecté d’avoir déjà causé des centaines de morts.

Le tribunal « dans l’incapacité de dissiper certaines contradictions »

La présidente de la 15ème chambre du tribunal, Isabelle Prévost-Desprez, a jugé que le tribunal était dans l’impossibilité de prendre une décision en l’état et a demandé à ce que « la totalité du dossier » de l’instruction, actuellement en cours à Paris sur les mêmes faits, lui soit transmise, une fois que celle-ci sera terminée. Ce volet de l’enquête pourrait être, selon le parquet de Paris, bouclé d’ici à l’été 2013.
Il y a eu, au cours des débats tenus jusqu’ici, « de multiples références à l’instruction en cours » à Paris et le tribunal est, à ce stade « dans l’incapacité de dissiper certaines contradictions », selon la présidente, justifiant ainsi sa décsion.

Le parquet de Nanterre avait demandé un supplément d’information plus restreint, portant notamment sur le rapport d’expertises ordonné par les juges d’instruction parisiens et rendu public en avril. Selon ce document, le Mediator, un antidiabétique largement détourné comme coupe-faim durant sa commercialisation de 1976 à 2009, pourrait provoquer de 1300 à 1800 morts par valvulopathie (défaillance des valves cardiaques) en France.
Les conseils des laboratoires Servier avaient, quant à eux, demandé un supplément d’information portant, notamment, sur le rôle de l’Agence du médicament, mise en examen en mars à Paris.

En attendant, des victimes continuent de tomber

« Le tribunal a dépassé toutes nos espérances en réclamant l’ensemble du dossier », a souligné Hervé Temime, le conseiller de Jacques Servier, fondateur des laboratoires.
Pour les victimes présumées, le renvoi du procès, qui avait déjà été suspendu, voilà un an, pour des questions de procédure, a un goût amer. « Je suis déçu, le procès va mettre beaucoup de temps à reprendre et pendant ce temps-là, des malades continuent de mourir », a déploré Sylvain Ramsany, qui a consommé du Mediator pendant 20 ans et qui souffre de valvulopathie.

Les quelques 700 parties civiles de Nanterre avaient misé sur une procédure supposée être rapide : une citation directe, dans laquelle leur revient la tâche d’apporter les preuves. 