Meeting régional sur la planification des stratégies de lutte contre le sida

La Tunisie a accueilli, du 19 au 21 juin dernier, le meeting régional sur la planification des stratégies de lutte contre le sida dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.

La rencontre a été marquée par la visite de  Michel Sidibé, secrétaire général adjoint des Nations Unies et  directeur exécutif de l’ONUSIDA. Plusieurs personnalités, notamment la directrice régionale de l’ONU-SIDA dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, le représentant de l’OMS en Tunisie, le directeur exécutif de la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord de l’Association internationale pour la réduction de la souffrance contre l’addiction aux drogues, avaient répondu à cette invitation. Les autorités tunisiennes, représentées par le ministre de la Santé publique, ont également pris part à ce rendez-vous.

Il a été question d’approche managériale globale en matière de lutte contre le sida. Diverses thématiques ont été abordées, comme «  la réponse au HIV/SIDA : les perspectives et les prospects », « les échanges d’expériences dans la région de MENA », «  l’approche post 2015 en matière de lutte contre le sida », « les objectifs et les enjeux de changement et les pratiques d’intervention contre l’épidémie», « l’accès universel au traitement », « les bonnes pratiques, les challenges , les priorités, les objectifs, les opportunités dans les pays arabes et le draft onusien 2014-2015 », « l’accompagnement du changement de l’intérieur (profils/pays) , « la gouvernance, l’inter-gouvernance et l’interagencement avec les intervenants en matière de sida ».

Hela Kochbati

Ce meeting régional s’est tenu dans le cadre de l’appui des politiques communes de management du sida au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MENA). La région du MENA a un faible taux de prévalence VIH, soit 0,2 % en 2012 pour les jeunes et les adultes dans la tranche d’âge de 15 à 49 ans. Malgré cette prévalence réduite, différents facteurs de risques sont présents dans la région, comme une population jeune et mobile, des déplacements régionaux de masse suite aux conflits transitionnels de ces dernières années (Libye, Syrie, Soudan, etc), la pauvreté, les inégalités, l’addiction aux drogues, l’allègement du contrôle social ainsi que la discrimination à l’égard des populations clés. La zone subafricaine reste la plus touchée et la plus ravagée par la pandémie, avec près de 68 % des personnes atteintes. En outre, cette partie de l’Afrique enregistre 70 % de nouvelles infections.  La Tunisie, quant à elle, présente une forte concentration épidémique chez les populations à haut risque. Le pays compte  actuellement environ 7000 patients atteints de cette maladie et une apparition d’environ 70 nouveaux cas chaque année. Mais les chiffres demeurent sous-estimés, le mot « sida » restant un tabou dans la société tunisienne conservatrice et de nombreux séropositifs ignorant leur état sérologique.   La stigmatisation, l’exclusion, la discrimination et les lois répressives forment une entrave à la réussite de la riposte.

Dans la région du MENA,  la protection de la population vulnérable, l’acceptation, la tolérance et la préservation du droit à la dignité et à la vie constituent les valeurs essentielles dans l’engagement et la lutte contre ce fléau. Ce meeting a discuté trois axes essentiels: la planification d’une stratégie régionale traduisant une vision commune de l’Organisation Onusienne, la mise en œuvre de bonnes pratiques et des programmes d’actions pour les populations de la région, spécifiquement à l’attention des populations  vulnérables, et enfin, les programmes de gestion des opportunités pour relever les besoins et atteindre les objectifs de l’agenda de 2015 et des quinze prochaines années. Les nécessités budgétaires sont en nette augmentation dans le monde arabe. En effet, la couverture des services est passée de 7 % dans les années 1990 à 50 % pour la fin de l’année 2015. Les traitements antirétroviraux (ARV) devraient augmenter au moins de 50 % au cours de la  fin de la même  année. Les efforts communs concertés permettent un meilleur espoir dans le cadre de l’éradication de la maladie en se basant sur l’étendue et l’accessibilité au traitement particulièrement après l’accord de la ligue arabe en mars 2014  sur le cadre stratégique  du monde arabe  en matière de lutte contre le VIH/SIDA pour la période 2014-2020.

Cette rencontre régionale a été une opportunité pour réfléchir sur les moyens pour favoriser l’accès à la médication, l’absence de stigmatisation et la transparence en abordant les problèmes de la société, l’objectif étant d’atteindre « zéro infection » et « zéro marginalisation » d’ici 2030.

 Mohamed Salah Ben Ammar 

Ministre de la Santé publique

 

« J’ai voulu prendre part à cette importante rencontre régionale politique et programmatique de l’ONU-SIDA. Il  m’est en effet, particulièrement agréable, à l’occasion de cette cérémonie d’ouverture, d’exprimer ma gratitude à Michel Sidibé, secrétaire adjoint de l’ONU-SIDA, d’avoir bien voulu faire le déplacement pour ouvrir cette réunion régionale qui  nous offre l’opportunité de discuter de la stratégie à adopter dans notre région en vue de positionner l’élimination du sida dans l’agenda de l’après 2015. Ce même témoignage de reconnaissance s’adresse également à tous les représentants de haut niveau de l’ONU-SIDA, aux directeurs des bureaux de l’ONU-SIDA pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient ainsi qu’aux représentants de la Ligue Arabe, du Fonds mondial de lutte contre le sida et des agences des Nations Unies et de la société civile.

Ce meeting conforte notre ambition commune de renforcer encore davantage le partenariat qui prévaut entre les différents acteurs concernés par la stratégie mondiale de lutte contre le sida : il s’agit pour nous d’identifier les opportunités et les actions prioritaires qui permettent d’accroître nos efforts pour améliorer le niveau d’accès aux services de prévention, au traitement, au soutien et à la prise en charge, tout en favorisant les programmes d’actions de proximité, loin de toute marginalisation ou d’exclusion.

C’est à ce prix et par une meilleure adaptation des actions, selon les spécificités de nos pays, qu’il sera possible de répondre à la fois à nos engagements nationaux et internationaux et d’atteindre l’objectif du millénium concernant le VIH/SIDA, à savoir « zéro nouvelle infection », « zéro décès », « zéro stigmatisation ».

Le ministère tunisien de la Santé, qui a enregistré certains acquis dans les différents  domaines d’intervention liés à l’accès universel à la prévention, au traitement gratuit par trithérapie, à la prise en charge médicale et au soutien social et psychologique des personnes vivant avec le virus, veillera à développer les capacités de toutes les organisations gouvernementales dans la mise en œuvre de nouveaux projets pertinents et scientifiquement valides à même d’interpeller les bailleurs de fonds avec à leur tête le Fonds mondial de lutte contre le sida. Il est à espérer la soumission d’une nouvelle requête nationale sur le VIH-SIDA ; une requête pour la concrétisation de laquelle l’appui de l’ONU-SIDA est vivement souhaité.

Il s’agirait également de renforcer le volet relatif à l’éducation sanitaire des populations à haut risque pour le VIH et de développer la composante relative aux droits humains qui se heurte, encore, à quelques obstacles juridiques.

En conclusion de ces quelques réflexions, je réitère mes félicitations au Bureau régional pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient d’ONU-SIDA pour cette rencontre régionale.

Rendons hommage à Michel Sidibé pour son engagement constant aux côtés de la Tunisie qui s’apprête à accueillir la Conférence internationale sur le sida en Afrique prévue en 2015 ».

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