De la peau de tilapia pour couvrir les lésions de blessures

L’essai clinique est hors normes et se prolonge dans la région de Fortaleza, au Brésil.
L’hôpital des grands brûlés de cette ville portuaire teste un nouveau pansement sur une cinquantaine de patients. Il s’agit de remplacer les bandages classiques pour les grands brûlés par des peaux de poissons, des peaux de tilapia.
Les scientifiques viennent d’expérimenter l’impact de la peau de cette espèce très consommée pour soigner les brûlures et couvrir les cicatrices.
L’essai clinique se déroule plutôt bien. Chez les patients souffrant de brûlures superficielles ou au second degré, les médecins appliquent la peau de poisson stérilisée sur les brûlures, et la laissent en place jusqu’à la cicatrisation naturelle.
Dans le cas d’une brûlure au second-degré profonde, les bandages de tilapia doivent être changés plusieurs fois durant les semaines de traitement, contrairement aux bandages classiques faits de gaze et de pommade hydratante qui eux doivent être changés tous les jours, au prix de très grandes douleurs.
La peau de tilapia reste en place plus longtemps, elle permet aussi d’accélérer la cicatrisation de plusieurs jours et réduit les besoins en médicaments et en antalgiques.
Une approche rentable puisqu’elle réduit de 75 % les coûts d’une prise en charge.
Sur les 52 patients déjà intégrés dans cet essai clinique, aucun n’a eu un effet secondaire ou a présenté des formes de complications cutanées.

Les bandes de peau de poisson adhèrent à la plaie et engendrent un effet tampon. Selon le Dr Edmar Maciel, spécialisé en chirurgie plastique et réparatrice et qui a conduit cette expérimentation clinique hospitalière : « Les peaux de tilapia empêchent les contaminations et préviennent la sécheresse ainsi que la perte de protéines. De plus, elles restent collées à la plaie jusqu’à la guérison ».