Une protéine annonçant la rechute en cas de la maladie de la sclérose en plaques

Selon une étude publiée dans la revue Neurology, la présence d’une protéine dans le sang des malades atteints d’une forme rémittente de sclérose en plaques, la protéine NF-L, pourrait annoncer les rechutes et permettre de mieux ajuster le traitement au niveau d’activité de la maladie.
Cette étude publiée par l’American Academy of Neurology montre la raison pour laquelle la présence de protéines, neurofilament à chaîne légère (NF-L) et chitinase-3 like protein 1 (CHI3L1), peuvent aider à prévoir les poussées de la maladie, dans le cadre d’une forme rémittente de la sclérose en plaques.
Les chercheurs américains ont suivi un groupe de 85 patients atteints de sclérose en plaques rémittente-récurrente, et ce pendant deux ans. Pendant les six premiers mois, ces malades ne prenaient pas de traitement. Ensuite, pendant une année et demi, ils étaient traités avec l’interféron bêta-1a, un traitement immunomodulateur efficace dans la sclérose en plaques. Des échantillons de sang ont été prélevés au départ, puis au bout du troisième, sixième, douzième et vingt-quatrième mois. Les chercheurs ont ensuite étudié le taux de neurofilament à chaîne légère (NF-L) dans le sang. Selon les résultats de l’étude, les malades qui ont un taux élevé de NF-L dans le sang ont, en parallèle, de nouvelles lésions cérébrales visibles à l’imagerie par résonnance magnétique (T1-gado et T2), ce qui n’est pas le cas chez les malades dont le taux reste bas. Le niveau de NF-L baisse lors du traitement par interféron bêta-1a et témoigne donc d’une nouvelle poussée de la sclérose en plaques et de son traitement.

Parallèlement, dans cette étude le taux de CHI3L1 n’est pas corrélé aux lésions IRM, ni au traitement et ne semble pas vraiment refléter la maladie inflammatoire du système nerveux.

Il existe deux types de sclérose en plaques. La plus répandue au début de la maladie est la sclérose en plaques dans sa forme rémittente. C’est-à-dire qu’elle évolue en alternant des phases de poussées et des phases de rémissions. Les patients peuvent vivre avec cette unique forme de la maladie. Cependant, chez certains malades, il apparaît une forme progressive dans laquelle les patients n’ont plus de poussées, l’invalidité s’installe peu à peu. Ainsi, surveiller le taux de NF-L dans le sang des malades pourrait permettre de prévenir les poussées de la sclérose en plaques. Les chercheurs voient en NF-L un biomarqueur prometteur de l’activité de la maladie, utile pour ajuster le traitement au plus près des besoins de la maladie. NF-L pourrait devenir aussi une alternative à l’IRM.