Les pharmaciens tirent la sonnette d’alarme

Rapport moral du Conseil National de l’Ordre des Pharmaciens en Tunisie

Le rapport moral a résumé l’ensemble des activités nationales et internationales du CNOPT durant la période qui va de Juin 2012 à Mai 2013. Les activités comprennent les réunions officielles du CNOPT avec le ministre de la santé ainsi qu’avec toutes les structures pharmaceutiques et la Direction de la Pharmacie et du Médicament, les conseils de discipline, les réunions du bureau actuel avec les présidents et tous les membres des Conseils Régionaux de l’Ordre des Pharmaciens, ainsi que la participation aux commissions spécialisées, aux comités techniques, aux journées scientifiques et les assises du Conseil national et des bureaux régionaux. Les activités internationales comprennent la participation aux réunions organisées par les structures pharmaceutiques étrangères et la participation au premier congrès pharmaceutique arabo africain. La plupart de ces événements et congrès avaient pour but essentiel de promouvoir la profession du pharmacien et d’approfondir la réflexion sur les aspects éthiques et techniques liés au secteur. Le CNOPT a aussi participé à l’élaboration d’une politique

de santé avec le ministre de la santé avec une étude de la primordialité des réformes dans le secteur et l’amélioration des conditions d’exercice ainsi que la lutte contre la contrefaçon et  la nécessité d’une réglementation claire et complète en matière de médicament allant du fournisseur, passant de la prescription,
jusqu’au patient.

Des inquiétudes et des attentes

Cette assemblée générale a uni les pharmaciens de toutes filières, pharmaciens d’officines, pharmaciens hospitaliers, pharmaciens biologistes, pharmaciens grossistes répartiteurs et même les pharmaciens retraités.

Ils avaient tous un but en tête : protéger la pharmacie de tous ces risques qui la menacent !

Plusieurs interventions ont porté sur la rumeur qui circule, et qui dit que le ministère de la santé a le projet de construire une deuxième faculté de pharmacie en Tunisie.

Une deuxième faculté de pharmacie : info ou intox ?

Mise à part une minorité, la plupart des pharmaciens sont contre ce projet et Abderrahmen Ben Slimen, pharmacien officinal, explique : « S’il s’avère que la rumeur est fondée, ce projet va doublement nuire au secteur. Cela va menacer, à la fois, la recherche et la formation. Rien qu’avec une seule faculté de pharmacie, nous souffrons d’un manque énorme de moyens… Que dire si une autre faculté est construite ? De plus,

nous savons tous que le taux de chômage chez les pharmaciens est croissant, il est donc inutile d’aggraver la situation par la construction d’une seconde unité d’enseignement ! »

Des bases à revoir

Sondes Dimassi, pharmacienne en officine, a exprimé son désarroi à l’égard de certains de ses collègues qui s’entredéchirent dans les médias, détériorant l’opinion publique. Elle a aussi déclaré que les bases doivent changer : « La loi de 1973 est absolument à revoir ! Les choses ont changé, le pays a évolué depuis, et certains sont en train de profiter des failles de cette loi à des fins personnelles, contre l’intérêt de la profession. Le Ministère de la santé songe à recruter un conseiller au sein de la profession pour l’aider à décider du sort de ce métier. Il faut quelqu’un du domaine ».

Les conditions changent, à quand la marge bénéficiaire ?

« Nous savons tous que le pays va mal et que nous passons par des conditions difficiles, soyons donc réalistes. Par contre, personne n’a parlé de l’évolution du pays depuis des années. Tout a changé, sauf notre marge bénéficiaire ! N’est-il donc pas temps d’augmenter un peu cette marge bénéficiaire ? », a demandé Raouf Ben Hamouda, pharmacien en officine.

Contrôlez le secteur, il est en danger !

Les pharmaciens présents ont tous réclamé plus de contrôle et d’inspection de la pharmacie et la parapharmacie, au vu de la vente illégale de certains médicaments, antis-inflammatoires et antibiotiques par le circuit de la contrebande. Le nombre des inspecteurs en Tunisie est insuffisant, ce qui engendre tous ces dépassements dont souffrent les pharmaciens d’officine et même les pharmaciens grossistes. Abdallah Jalel, Président du Conseil des pharmaciens, a tenté de calmer la fièvre qui gagnait les esprits et de donner des réponses aux différentes interrogations de ses confrères Pour ce qui est du projet d’une deuxième faculté de pharmacie, il a tenté de rassurer ses confrères et a déclaré que le Conseil n’a aucune information officielle venant du Ministère. Par ailleurs, il a rappelé que la loi de 1973 était l’un des acquis du conseil et que ce dernier a tout fait pour l’avoir. Un autre vrai problème est à soulever, selon Abdallah Jalel, c’est celui des ordonnances abusives qui nuisent aux pharmaciens et favorisent les fuites dans les médicaments. Pour parer à ceci, la limitation et le contrôle des bons de commande au niveau des grossistes seraient nécessaires ou, autre alternative, il s’agirait de proposer des ordonnances bleues matriculées.

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