Robots distributeurs en pharmacie, avantage ou inconvénient, est-ce possible en Tunisie ?

Des robots distributeurs dans les pharmacies tunisiennes de demain ?

Il est aujourd’hui aisé de faire le constat de l’évolution fulgurante des officines actuelles.

Finies les étagères rustiques et les officines archaïques, peu éclairées, où acheter des médicaments n’est qu’un mal nécessaire au rétablissement. En effet, les pharmacies, de nos jours, ont dépassé le stade de commerce de médicaments. Grâce au réaménagement des surfaces et à la diversification des produits parapharmaceutiques, elles se sont transformées en un véritable espace dédié au shopping et à beauté !

Qui n’évolue pas fini par mourir

Le représentant des pharmaciens algériens, le Syndicat national des pharmaciens d’officine algérien (SNAPO) l’avait présagé et les dernières rencontres professionnelles organisées par ses soins prouvent que les pharmaciens sont à un carrefour décisif de leur existence.

Ils peuvent choisir entre poursuivre sur la même voie avec les mêmes réflexes archaïques, au risque de voir leur profession disparaître, ou décider de rectifier le tir et d’évoluer.

Lors du salon SIPHAL 2013 à Oran en Algérie, une présentation des enjeux et des voies nouvelles à explorer en matière officinale avait mis en avant l’obligation d’évoluer sinon de mourir.

Les pharmacies d’officine vers une évolution nécessaire

L’Organisation mondiale de la Santé, l’OMS, soucieuse de préserver l’accès des populations de ses Etats membres aux soins, n’a de cesse de faire pression sur les industriels pharmaceutiques et les pharmaciens officinaux pour les amener à réduire les prix des médicaments. Ce qui passe indéniablement par une réduction des marges bénéficiaires tout au long de la chaîne du médicament, celles des pharmaciens comprises.

Une solution 

C’est face au constat de ces difficultés que les industriels du secteur robotique ont proposé une solution technologique, afin d’augmenter l’efficacité des pharmacies et donc de leur revenus. Cela consiste en l’installation d’un robot distributeur de produits, automatisant la vente.

Qu’est-ce qu’un distributeur automatique en pharmacie ?

Il s’agit d’une machine permettant l’achat de certains produits pharmaceutiques de première nécessité disponible sept jours sur sept et 24 heures non stop.

Cet appareil permet la commercialisation de toutes sortes de produits de dimensions, d’emballages et de formes différents (plaquettes, sacs, enveloppes, bouteilles, métaux, plastique, carton…).

Certaines pharmacies ont déjà pris l’initiative et se sont équipées d’un distributeur automatique en libre-service devant leur officine, procurant un service de proximité supplémentaire et plus efficace à leurs clients.

Fonctionnement 

La machine est essentiellement composée de trois parties distinctes : un magasin de produits, un bras robotisé ou système permettant de saisir le produit choisi et une façade avant composée d’un clavier et d’un écran.

Le pharmacien se charge d’approvisionner le distributeur automatique grâce à des entrées aménagées à cet effet à l’avant (côté rue) ou à l’arrière (depuis la pharmacie).

La machine comporte plusieurs compartiments réglables où sont entreposés les différents produits et un élévateur permet de mettre certains produits fragiles directement à la portée du client.

L’appareil possède un monnayeur et est conçu pour recevoir différents modes de paiement tels que la carte, les billets, les pièces et les cartes bancaires. Enfin une imprimante permet de délivrer un reçu.

Avantages certains 

A la manière d’un distributeur de café ou de friandises mais avec une technologie beaucoup plus avancée, après améliorations, les derniers modèles augmentent l’efficacité d’une officine pharmaceutique sur plusieurs domaines tels que :

• L’anonymat : « En un mois, je n’ai jamais vendu autant de préservatifs ! Mes patients ou les clients de passage nous félicitent souvent quant à l’installation de cet appareil. C’est un franc succès », déclare Grezis Domme, pharmacien en France. En effet, le distributeur automatique offre l’anonymat recherché dans l’achat de produits intimes.

• Marketing : Installer une machine aussi lumineuse et imposante au niveau de la façade d’une officine est désormais incontestablement la meilleure campagne publicitaire qu’une pharmacie puisse s’offrir. En effet, la curiosité des patients est piquée, les poussant à essayer la machine. De plus, le sentiment de proximité est garanti ! Lorsqu’un nouveau produit est disponible au comptoir, le pharmacien peut le charger dans sa machine et le client peut ainsi, s’il désire gagner du temps, l’acheter directement depuis le distributeur.

• Désengorger les employés : Un distributeur automatique de médicaments permet de libérer, de manière drastique, le pharmacien de la simple tâche de commerçant.

Pour les pharmacies qui ne connaissent que de rares périodes creuses durant la journée, mettre ainsi des produits de première nécessité et n’incluant pas d’accompagnement à la disposition des patients est un avantage certain, puisque le pharmacien peut alors consacrer plus de temps au conseil et à l’orientation.

Produits délivrés  

Il existe différentes tailles et modèles de machines, allant d’une capacité de 50 produits à quelques centaines. Le distributeur automatique de pharmacie propose plusieurs sortes de produits :

• Premiers soins (pansements, tensiomètre, désinfectant, etc.)

• Parapharmacie et hygiène (produits anti-poux, savon, dentifrice, mousse à raser, crème de soin, etc.)

• Puériculture (lait infantile, tétine ou biberon, couches, etc.)

• Produits intimes (tampons hygiéniques, préservatifs, lubrifiants, etc.)

Cas concret 

Si les avantages de l’installation d’une telle machine dans une officine pharmaceutique sont irréfutables, certains hôpitaux s’en sont déjà équipés et en ont fait une pièce maitresse de leur stratégie, érigeant efficacité et professionnalisme avec le passage du taux d’erreurs de 1% avec la gestion humaine à 0.27 % avec la gestion automatisée, ce qui fait plus de 4.500 erreurs évitées par an !

Les Hôpitaux Universitaires de Genève HUG ont franchi le pas avec leur robot de distribution Hugot. Une implémentation qui a nécessité 18 mois de travail d’étude, depuis la possibilité de mise en exploitation en passant par le défi majeur de poursuivre le service manuel de distribution, parallèlement à l’installation de la machine, mais aussi la formation des collaborateurs et employés de l’hôpital à l’utilisation de cette dernière.

Ce projet visait essentiellement à améliorer la qualité des prestations à travers une fiabilité de distribution accrue et une organisation efficiente, d’un côté, et d’un autre, la satisfaction des collaborateurs par leur réorientation vers des activités à plus forte valeur ajoutée et par la motivation de l’évolution des métiers.

Est-ce pratique ?

Chaque service doit faire lui-même l’inventaire de sa pharmacie et les infirmiers peuvent se passer des médecins pour l’administration des médicaments aux patients de l’hôpital et ce, tout en appliquant les prescriptions médicales à la lettre.

Ce processus est long et demande aux infirmiers une grande capacité de concentration, pouvant parfois mettre en péril la vie des patients.

Le nouveau robot distributeur permet alors au personnel médical d’envoyer à la pharmacie, depuis son unité,  toutes les ordonnances dont il a besoin, grâce à un système informatique basé sur le principe du panier d’achats que nous connaissons tous sur les sites de commerces via internet, ainsi les prescriptions sont rattachées aux dossiers des patients.

Dans chaque unité, le personnel soignant commande les médicaments. Jusque-là, la procédure reste la même. Mais alors qu’auparavant, chaque commande imprimée nécessitait des infirmiers qu’ils se déplacent dans les magasins pour y récupérer les médicaments préparés, la grande majorité des commandes est désormais transmise au robot qui les prépare lui-même, vérifie la prescription et utilise un système intelligent pour collecter avec précision la quantité nécessaire, et conforme aux instructions imprimées, de pilules et de boîtes, qu’il dispose dans un sac scellé.

Inauguré le 10 novembre 2011 au sein des Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG),  le nouveau robot de la pharmacie distribue en moyenne près de 4.000 médicaments par jour aux quelques 120 unités de soins sur l’ensemble des hôpitaux.

Disponibilité maximale 

Depuis le début de la matinée et jusqu’à l’après-midi, le robot traite, une par une, les commandes des unités de soins. Les médicaments ainsi sélectionnés et regroupés vont approvisionner les petites pharmacies rattachées à chacune de ces unités. C’est à partir de ces dernières que les infirmiers préparent les traitements individuels des patients.

Le reste du temps, le robot conçu pour fonctionner 24 heures sur 24, travaille à la gestion et à l’optimisation des stocks.

Il les réalimente sans cesse, en traitant et en stockant de façon optimale, en fonction des mouvements de ses bras articulés et de sa gestion de l’espace, les boîtes de médicaments reçues des firmes pharmaceutiques et contrôlées par les employés de la pharmacie.

Il suffit simplement de vider le contenu des boîtes de médicaments en vrac sur les tapis roulants ou dans des bacs : le robot les traite automatiquement en les scannant avant de les stocker.

Deux robots travaillent en parallèle 

Afin d’éviter tout risque de panne, le robot est en réalité constitué de deux robots parfaitement identiques et travaillant en parallèle, une redondance du système qui garantit une fiabilité accrue.

De plus, chaque type de médicament régi par ce système robotisé est à disposition dans les stocks de chacune des machines dont la capacité est d’environ 45.000 boîtes de médicaments. Dans la même logique, chaque robot dispose de deux bras articulés et si l’un devait présenter une erreur de fonctionnement, le deuxième pourrait assurer le relais.

 

Commentaires

commentaires