La buprénorphine et la naltrexone sont équivalentes dans le sevrage des opioïdes

L’épidémie acuelle d’addictions aux opioïdes détruit des vies, des familles et des communautés. Les médicaments sont clairement considérés comme le traitement le plus efficace pour le sevrage.
En France le sevrage repose en grande partie sur la buprénorphine mais la naltrexone pourrait faire aussi bien. Les deux médicaments représentent des aspects morphologiques et pharmacologiques différentes pour traiter l’addiction aux opioïdes. Mais jusqu’à présent, les patients, les familles et les professionnels n’avaient aucune donnée pour guider leur choix de traitement.
Des constatations provenant de deux nouvelles études, une américaine et une suédoise, comparent les deux médicaments en présentant leur spécificité.
La buprénorphine est un agoniste opioïde partiel. Il active partiellement les récepteurs opioïdes impliqués dans le soulagement de la douleur et de la récompense tout en pouvant bloquer certains effets d’autres opioïdes. La buprénorphine peut donner des syndromes de sevrage quand on l’arrête et elle peut être détournée par les toxicomanes, d’où un contrôle strict des prescriptions et des délivrances.
En revanche, la naltrexone est un antagoniste complet des opioïdes qui n’a pas d’effets stimulants mais permet de bloquer les effets d’autres opioïdes tels que l’héroïne. La naltrexone ne peut être débutée qu’une fois que le malade a complètement arrêté l’héroïne, sous peine de provoquer un syndrome de sevrage aigu.

Les résultats ont montré qu’une fois commencée, la buprénorphine avec une prise quotidienne et la naltrexone en injection mensuelle sont tout aussi efficaces l’une que l’autre pour prévenir la récidive, maintenir les patients sous traitement et réduire l’utilisation illicite d’opioïdes. En outre, les réactions au site d’injection sont légères à modérées associées à la naltrexone, et les événements indésirables, y compris les surdoses fatales et non mortelles, sont similaires.