La tristesse et l’émotion étaient palpables sur tous les visages après avoir appris la mort de Slim Chaker, ministre de la santé, peu après sa participation au marathon organisé par l’Association « Nourane » dans le cadre de son action de lutte contre le cancer du sein.
Après une année passée à Carthage, en qualité de ministre conseiller auprès du président de la République, chargé des affaires politiques, son retour était significatif au gouvernement.
Lorsqu’il a pris ses fonctions, le secteur de la santé était au plus mal : une infrastructure en très mauvais état, des dossiers en souffrance, les dérives générées par les abus liés à l’exercice de l’APC, le problème de la sécurité, la toute-puissance des syndicats, la question des déserts médicaux et surtout un budget bien en deçà des besoins et des attentes.
Avant son décès à l’hôpital militaire suite à une crise cardiaque l’après midi du dimanche 08 octobre 2017, Slim Chaker a promis de généraliser le dépistage gratuit du cancer du sein dans tous les hôpitaux. Avant sa mort, Slim Chaker a fait savoir que 2200 nouveaux cas de cancer du sein sont recensés annuellement et avait promis de distribuer des dispositifs de dépistage dans tous les hôpitaux, convaincu que le dépistage précoce est fer de lance contre le cancer du sein.
Slim Chaker est de l’avis de tous un bosseur infatigable, en témoigne les quatre dernières semaines de son très court mandat à la tête du ministère de la Santé, là où il parcouru le pays, d’hôpital en hôpital, les dossiers qu’il a remis sur la table d’examen, les projets qu’il avait en tête et même les coups de gueule qu’il n’a pas lésiné à exprimer quand il a fallu le faire.

Dans une circonstance très douloureuse une grande figure de patriotisme d’intégrité, de loyauté s’est éteinte.

Ghada Zayene