SPOT CNAM, la rupture est consommée

Rupture entre SPOT et CNAM

Il fallait s’y attendre. Le Spot avait prévenu (y compris dans nos colonnes) : sans avancée significative dans les revendications portées à la connaissance de la CNAM, la convention sectorielle serait dénoncée. Aujourd’hui, le Spot semble avoir atteint un point de non retour. Il dénonce dans un courrier adressé à ses membres et publié sur son site Web et son compte Facebook « les méfaits d’un dysfonctionnement du système de gestion de la CNAM devenu chronique au fil des ans ». Les négociations menées depuis 2011 à ce jour n’ont pas pu aboutir à des solutions concrètes satisfaisantes et susceptibles de répondre aux attentes des officinaux. Entretemps, la Convention avait été renouvelée pour une durée d’une année qui devait servir de test sur la mise en pratique des différents points mentionnés dans le fameux avenant de juillet 2014 qui portait les espoirs de la profession.

Aujourd’hui, force est de constater que les pharmaciens sont à bout. Leur patience dont ils ont repoussé loin les limites selon le courrier du Spot, a atteint ses limites. D’autant que leurs avertissements au ministère des Affaires sociales et à la CNAM, menaçant de ne pas renouveler automatiquement la Convention, sont restés lettres mortes.

D’un autre côté, les pharmaciens subissent quotidiennement les violations diverses de la Convention sectorielle, voire le refus exprimé clairement de plusieurs responsables régionaux de la CNAM de mettre en application la Convention et son avenant.

En cause également la carte magnétique dont le Spot déplore le retard de la mise en œuvre de la carte patient ainsi que les délais de paiement qui ont certes bénéficié dune amélioration jugée pour autant insuffisante voire inexistante dans de nombreux centres.

Sans compter les plaintes dans certains cas qui dénoncent l’attitude et le comportement inadéquat des agents à l’égard des pharmaciens!

Ainsi, la rupture est consommée et le Bureau national a soumis sa décision à la Commission nationale qui l’a entérinée de ne pas renouveler la Covention  à son échéance le 8 juillet prochain.

Cette rupture va permettre aux pharmaciens de négocier en position de force plusieurs autres points qui les mettent en colère : la liste des médicaments spécifiques dont la prise en charge par la CNAM est réservée exclusivement aux polycliniques de la CNSS, la distribution des médicaments, aux adhérents de la filière publique de la CNAM qui représentent 70% des affiliés, par les pharmacies externes des hôpitaux, les charges administratives lourdes qui incombent au pharmacien, etc.

Concluant sa missive, le Spot a fait appel à la solidarité des pharmaciens et à leur adhésion totale à cette décision qui fera date dans l’histoire de la pharmacie en Tunisie.

Senda Baccar

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