La suramine, un médicament centenaire pour traiter l’autisme

suramine

C’est un essai clinique randomisé de l’Université de Californie à San Diego montrant une efficience de l’utilisation d’un médicament appelé « suramine » à partir d’une dose unique pour les sujets autistes.
La suramine est utilisée pour traiter la maladie du sommeil et certaines maladies oncologiques.
Il s’agit de l’urée symétrique du sel sodique. Son action porte sur le phénomène de la glycolyse.

Aujourd’hui, la molécule active de suramine s’avère avoir un large spectre d’action sur les troubles autistiques.

Cette étude a été réalisée sur 10 garçons âgés de 5 à 14 ans atteints d’autisme. La moitié des enfants ont reçu la suramine et l’autre moitié a été traitée par un placebo. Les résultats décrits pour les garçons qui ont été traités par la suramine étaient intéressants puisque ces garçons ont eu une nette amélioration dans leur comportement, une baisse des gestes répétitifs et une adaptation de leur intégration sociale.
Plusieurs tests reconnus dans le spectre autistique ont été réalisés comme le diagnostic de l’autisme avec un calendrier d’observation, le listing des comportements aberrants examinés, le test de l’expression pour l’image et le vocabulaire (EOWPWT), l’évaluation de la prise en charge de l’autisme (ATEC), le questionnaire sur le comportement répétitif (RBQ), le questionnaire sur l’impression clinique globale (CGI).
Suite aux injections du traitement aussi bien les personnels de santé que les parents ont affirmé une meilleure capacité des enfants à intégrer la sphère sociale.

Les auteurs ont suggéré le fait que les troubles du spectre autistique (TSA) et les troubles auto-immunes comme le syndrome de la fatigue chronique sont liés à des troubles métaboliques, soit un dysfonctionnement au niveau mitochondrial.
Dans ce cadre, la suramine a pour effet d’inhiber une petite molécule de signalisation qui se trouve au niveau des mitochondries et qui est sécrétée en cas de « danger » ou de « stress oxydatif ». Or, le stress oxydatif est relevé dans le cerveau des enfants autistes, ce qui influence le fonctionnement des cellules nerveuses et le comportement des patients impactant des comportements sociaux comme la communication. Les scientifiques pensent que la réponse des cellules mitochondriales au danger n’est pas obligatoirement un facteur de l’autisme, mais peut être associé à des facteurs génétiques et environnementales provoquant l’autisme.
Pour les scientifiques, reste à savoir si la suramine est un bénéfice thérapeutique transitoire ou bien un traitement de fond. Des études plus vastes doivent être lancées, avec des doses multiples et sur des périodes plus longues pour déterminer si les améliorations sont suivies par des effets indésirables.
Cet essai clinique reste intéressant dans la compréhension du stress oxydatif dans le spectre autistique et l’amélioration du comportement des enfants traités par la suramine.

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