Le forum de l’ATUGE était une occasion pour faire une mise au point sur les atouts du secteur pharmaceutique en Tunisie. Dans le cadre « Tunisie à l’international : lumière sur nos atouts », un atelier autour de l’ « industrie pharmaceutique » a été organisé en présence de : Samira Merei, ancienne ministre de la santé, Jade Salhab, senior private sector development specialist de la Banque Mondiale, Sara Masmoudi, General Manager du laboratoire « Teriak », Hichem Jouaber, consultant en stratégie, Khalil Ben Ammar : Directeur Général du laboratoire «Adwya » et Chokri Jeribi, Directeur général du laboratoire « Sanofi-aventis ».

Trois axes importants sur lesquels l’accent a été mis par les invités lors de leurs interventions.
Quels atouts du secteur pharmaceutique en Tunisie à l’export ? A quelles contraintes fait face ce secteur et quel est l’état d’avancement des actions pour les lever ? Quelles niches développer pour un pole d’exportation majeur dans la région : rive Sud et Afrique ? Comment accélérer leur déploiement dans un contexte difficile ?

Un marché qui reste très éclaté :

• Les 10 premières entreprises ne totalisent que 42,9% de PdM
• Les 10 premières classes thérapeutiques ne totalisent que 28,3% de PdM
• Les 10 premiers produits ne totalisent que 10,9%

Trois leviers de croissance :
• Les médicaments génériques sont en forte croissance : de 168 US$ mds en 2016 à 283US$ mds en 2018
• Les biotechnologies, l’avenir de la pharmacie
• Les produits pour les maladies orphelines, et la « personalised medicine ». il n’y aura plus de blockbuster

Profil de l’industrie pharmaceutique Tunisienne : Atouts et leviers à exploiter

Le cadre juridique est très important tel est l’exemple de : AMM, normes qualité, agence de médicament.
En outre, la production locale couvre 47% des besoins nationaux (63% au maroc) sachant que 70% de la production sont des produits génériques.
En fait le volume d’exportation est très élevé vers le Maghreb (70%) mais très faible vers l’Afrique, le Moyen Orient (15%) et l’Europe (15%).
L’infrastructure de recherche est émergente (biotechnologie) quant aux taux d’intégration local qui n’est que de 40%( peu ou pas de production de principes actifs).
Contrairement aux taux d’encadrement des entreprises (42% du staff sont des pharmaciens, ingénieurs, qualiticiens, médecins…) plus élevé qu’en Europe.

Les 3 recommandations pour les industriels tunisiens (The TEVA Story)

Les intervenants pensent qu’il vaut mieux partager un gros gâteau que chercher à s’accaparer la part la plus grosse d’un petit gâteau.
Il est aussi nécessaire de se regrouper pour être plus gros et au minimum jouer la synergie (achat, laboratoire de contrôle) sans oublier l’importance de s’investir dans la R&D sur les classes thérapeutiques des cibles.
La recommandation de Hichem Jouaber, Consultant en stratégie pour les autorités tunisiennes est The Singapore Story:
• cibler les domaines thérapeutiques où il faut concentrer les aides et les incitations et pour lesquels il faut attirer IDE
• jouer l’intégration de la chaîne de valeur en local pour maximaliser la Va sur place (principe actif, fabrication, Packaging)
• Créer les conditions de confiance pour investir en Tunisie (IP, sécurité, lutte contre la contrefaçon, FDA tunisienne, droit des affaires)
• Faciliter les démarches administratives et les accès aux marchés interne et externe
• Partenariat plus renforcé entre les Universités, les entreprises et les pôles technologiques pour développer les compétences nécessaires et faciliter la R&D
• Les incitations de l’Etat basées sur la valeur ajoutée créée sur place
• Etre proactif dans la recherche des IDE

Le volume d’investissement de l’industrie du médicament est multiplié par 50 en 20 ans et la production nationale estimée à 500 millions de dinars exporté. De plus, le taux de croissance de la production locale est de 45% contre 8% en 1987. En outre, la Tunisie reçoit 376 mille patients étrangers dans ses cliniques et exporte des services de santé de valeur de 490 millions de dinars qui font du pharmaceutique un des secteurs phares pour la relance et le développement de l’économie tunisienne.
Les performances du secteur pharmaceutique et les compétences d’un niveau international permettent à la Tunisie d’être un des plus importants exportateurs de la rive sud de la Méditerranée et d’Afrique.