Tensiomètre, une technologie dépassée ?

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Plus de 50% des médecins de famille utilisent encore des appareils manuels pour mesurer la pression artérielle.

Selon une enquête nationale canadienne publiée en mars, plus de la moitié des médecins de famille utilisent encore des appareils manuels pour mesurer la pression artérielle.
Une technologie dépassée qui entraîne parfois des erreurs de diagnostic. Ainsi, environ 20 % des gens qui suivent un traitement pour l’hypertension au Canada n’en auraient en fait pas besoin.
«La méthode manuelle de mesure implique que le soignant pose le stéthoscope au bon endroit sur le bras et surtout, qu’il ait une bonne audition pour percevoir les pulsations», explique le Dr Nicolas Postel-Vinay, médecin à l’unité d’hypertension artérielle à l’Hôpital Pompidou à Paris (AP-HP), qui souligne que les professionnels de santé ont tendance à arrondir les chiffres à l’entier supérieur.
Pour être validé, la Haute Autorité de Santé rappelle que le diagnostic d’hypertension doit être confirmé au minimum par deux mesures par consultation, au cours de trois consultations successives sur une période de trois à six mois, soit six mesures.
«C’est en multipliant le nombre de mesures que l’on obtient une meilleure précision», souligne le Dr Postel-Vinay. Or, pour prendre la tension artérielle de façon correcte, il faut compter 12 à 15 minutes, soit une durée supérieure à celle d’une visite moyenne avec un médecin de famille, selon les auteurs de l’étude.
Selon le spécialiste de l’hypertension, la méthode la plus simple reste l’automesure. Le principe est simple: chaque jour, pendant 3 à 7 jours, le patient prend lui-même sa tension, à raison de trois fois le matin et trois fois le soir, et cela à l’aide d’un tensiomètre électronique.
Le médecin, fondateur du site automesure.com, a participé à la conception d’un logiciel baptisé Hy-Result, destiné à aider les personnes à comprendre leurs résultats de mesure. «Si le patient n’a pas fait d’automesure et qu’il n’a pas fait de MAPA, il ne devrait pas être mis sous traitement», souligne Nicolas Postel-Vinay.

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