Hela Kochbati

Des nouveaux tests sanguins et urinaires pour déceler le syndrome autistique

Des tests d’analyses de sang et d’urine de détecter l’autisme chez les enfants ont été mis au point par des chercheurs anglais de l’Université de Warwick et des scientifiques italiens de l’Université de Bologne.
Ce test sanguin exploite un nouveau lien identifié entre certains dommages aux protéines et l’autisme.
Les données scientifiques ont été publiés récemment dans la revue scientifique « Molecular Autism » et pourraient enfin permettre d’atteindre un objectif essentiel, le diagnostic précoce des troubles de l’autisme.

Les troubles du spectre autistique (TSA) sont définis comme des troubles du développement affectant principalement l’interaction sociale mais ils peuvent également inclure un large spectre de symptômes et de perturbations du comportement, dont les troubles de la parole, les agissements répétitifs et / ou compulsifs, l’hyperactivité, l’anxiété, une difficulté à s’adapter à de nouveaux environnements, et dans certains cas, une déficience cognitive. Ces symptômes étant multiples et complexes, le diagnostic clinique est incertain, en particulier aux tout premiers stades. L’auteur principal de l’étude, le Dr Naila Rabbani, professeure de biologie expérimentale à l’Université de Warwick espère que ces travaux vont apporter une réponse à ce besoin de diagnostic et d’intervention plus précoces. Pour cette recherche, l’équipe de Warwick en collaboration avec des collègues de l’Université de Bologne, a recruté 38 enfants atteints de TSA dont 29 garçons et 9 filles ainsi qu’un groupe témoin de 31 enfants en bonne santé réparti en 23 garçons et 8 filles. Des échantillons de sang et des prélèvements d’urines ont été prélevés sur les enfants pour analyse. Les chercheurs anglais et italiens ont constaté des différences chimiques entre les deux groupes et identifié un lien entre les TSA et certains dommages aux protéines, dans le plasma sanguin, par oxydation et glycation, de modification des protéines par les espèces réactives de l’oxygène (ROS) et les molécules de sucre. L’analyse des biomarqueurs protéiques dans le plasma sanguin ont démontré que les enfants ayant un syndrome de TSA présentent des niveaux plus élevés de dityrosine, un marqueur d’oxydation et d’entités modifiés par le sucre dénommés « produits de glycation avancée » pour « advanced glycation endproducts : AGEs ». Par ailleurs, les mutations des transporteurs d’acides aminés ont comporté une variante génétique associée aux TSA.
Un «algorithme» a été développé pour pouvoir distinguer, à partir des données d’analyse, les participants autistes des témoins sains.
Ce développement constitue un test de diagnostic plus efficace que toute autre méthode disponible à l’heure actuelle, selon le communiqué des chercheurs anglais et italiens.

Les prochains travaux de recherche devront confirmer l’efficacité de ce test à déceler les troubles autistiques chez d’autres enfants et déterminer la précision de ce diagnostic ainsi que jusqu’à quelle précocité le test reste efficace.

Source : Molecular Autisme – Advanced glycation endproducts, dityrosine and arginine transporter dysfunction in autism – a source of biomarkers for clinical diagnosis