Un boom de parapharmacies, des éventuels risques sanitaires et une prochaine réglementation du secteur

Boom des parapharmacies, risques et réglementation

Le secteur parapharmaceutique est une plateforme qui a vu une grande  expansion avec de multiples points de ventes un peu partout dans le pays vendant de produits pharmaceutiques et parapharmaceutiques.

Ces espaces de vente sont aussi attractifs que des officines au point que parfois la distinction ne se fait que par les enseignes. Ces points de vente proposent des produits pharmaceutiques qui sont livrés sans prescription médicale. Les prix de ces produits sont compétitifs et les consommateurs en achètent sans préoccupation de la traçabilité des produits, leur origine et leurs  dangers sur la santé, à titre d’exemple, le cas des crèmes solaires « Trio S », le « Dexaméthasone » un corticoïde d’origine nigérienne qui n’est pas sans danger et qui a été découvert dans le marché  pharmaceutique ont été retirés de la vente.

Le président du conseil de l’ordre des pharmaciens (CNOPT), Dr Abdallah Jalel a indiqué : « ces espaces de vente profitent du flou juridique et du fait  qu’il n’existe pas un cahier de charges qui réglemente leurs activités pour prospérer d’une manière anarchique. Pour l’ouverture d’une parapharmacie, il suffit de payer une patente de 60 dinars aux ministères des finances comme n’importe quel point commercial. Dr Abdallah Jalel a ajouté : « Avec le flou juridique, les citoyens sont exposés à l’usage de certains produits parapharmaceutiques comme les compléments alimentaires, les laits pour bébés, les plantes médicinales, les dépigmentants et  les dispositifs médicaux. Ces produits peuvent engendrer des accidents de santé publique ».
Par ailleurs, la vente de ces produits nécessite un conseil pharmaceutique, ce qui n’est pas toujours le cas surtout qu’il n’existe aucun article législatif qui astreint la présence d’un pharmacien sur le  lieu de l’espace de vente parapharmaceutique.

Le président du conseil de l’ordre des pharmaciens a déclaré également : « En mai dernier, nous avons adressé une correspondance au ministère de la santé publique dans laquelle nous l’avons appelé à mettre en œuvre l’arrêté dressant la liste des produits pharmaceutiques non médicamenteux, dont la vente doit être assurée  exclusivement par les pharmacies pour une raison de leur caractère spécifique ».
Dans ce contexte,  Anis Klouz, conseiller auprès du ministre de la santé publique a confirmé : « D’ici l’année prochaine, tous les produits vendus en parapharmacies, seront obligatoirement contrôlés ». Il a également mentionné  la création d’une agence de produits de santé qui aura pour mission de contrôler tous les produits sanitaires dont les crèmes dermato-cosmétiques, les compléments alimentaires et les dispositifs médicaux. Cette structure sanitaire va œuvrer  en collaboration avec les ministères de l’industrie, du commerce et de l’agriculture.

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