Pharmacie au coeur de Monastir

Tout le monde, à Monastir, connait cette pharmacie, des personnes âgées, notamment, et qui passent régulièrement. Ces dernières connaissaient son père, qui a géré cette pharmacie pendant environ 35 ans, la seule, à Monastir, à l’époque. Il y a aussi l’emplacement, le marché au poisson de Monastir étant très connu, les gens viennent de tout le Sahel faire leurs courses ici. La pharmacie est vraiment au coeur de la ville et de la vie de tout Monastir !

Une clientèle particulière, les personnes âgées

Pour ce qui est des personnes âgées, elles ont surtout besoin de qualité du service et de conseil. Chadia reçoit souvent des clients qui lui demandent un médicament à partir de la description de l’emballage ou du prix qu’ils se rappellent avoir payé la fois précédente. Et c’est avec beaucoup de patience et de sollicitude qu’elle répond à leur requête ou qu’elle leur conseille un remède similaire en fonction de la disponibilité du produit demandé ou du budget du patient, ou encore de son état de santé. C’est ainsi que les gens reviennent car ils trouvent, dans cette pharmacie, conseil et service adéquats, le plus qui fait la différence. Un conseil, également, en nutrition est souvent prodigué, en adéquation avec un traitement donné. Les gens l’oublient trop souvent, un médicament seul n’est pas la solution. L’hygiène de vie est le facteur essentiel de la santé ou de la maladie, par opposition. Et Chadia de recommander au patient de faire attention à ce qu’il met dans son assiette, la nutrition pouvant, à elle seule, guérir bien des maux, des petits bobos aux maladies les plus coriaces. Il est, en tout cas, prouvé qu’à traitement égal, le patient qui suit une véritable réforme alimentaire montre des résultats beaucoup plus concluants et de façon plus durable, surtout. Le médicament doit être le dernier recours et c’est une pharmacienne qui vous le dit ! L’aspect psychologique est également très important…

Chadia essaye, dans la mesure du possible, de trouver la source du problème, étant partisane d’une démarche étiologique, l’étiologie étant l’étude des causes et des facteurs d’une maladie, plutôt que d’une démarche symptomatique. Autrement dit, il s’agit de chercher la source du problème et de l’attaquer, et ne pas se contenter d’un traitement des symptômes. Elle illustre ainsi sa pensée : « L’autre jour, par exemple, j’ai reçu un parent qui me parlait de son enfant qui n’avait pas d’appétit, me demandant un produit susceptible de lui redonner l’envie de manger. Je lui ai d’abord demandé l’âge de son enfant et s’il avait un frère ou une soeur plus jeune. Il me répondit, étonné, qu’il avait un frère plus jeune qui vient de naître… je lui ai alors expliqué l’ampleur de la tension psychologique que vivait son fils aîné, la jalousie et le sentiment de perte de l’amour de ses parents étant, très probablement, à l’origine de cette perte d’appétit. Je lui ai donc conseillé de parler plus à son enfant, de lui montrer tout l’amour qu’il a pour lui et, surtout, de lui expliquer que l’arrivée de son petit frère n’enlevait rien à cet amour ». Pour Chadia, l’aspect psychologique est capital. On parle d’effet placebo, ceci renforce sa conviction que la pensée positive est quelque chose de bien réel, elle le vit au quotidien, dit-elle… un patient sortant avec le sourie parce qu’on l’a bien accueilli, avec qui on a parlé de sa maladie, justement pour dédramatiser… est presque guéri.

Un métier choisi avec amour et conviction

C’est avec bonheur que Chadia parle de son métier de pharmacienne, qu’elle a choisi, convaincue, d’avoir suivi la bonne voie dans sa vie. Elle affirme avec malice, d’ailleurs, que ses deux enfants font aussi des études de pharmacie. Selon elle, surtout pour une femme, et mis à part le côté scientifique bien sûr très intéressant, le métier de pharmacien est d’abord un métier de services. Un métier très humain, en tout cas, et qui permet d’être au coeur de la société, d’apprendre tous les jours à communiquer avec toutes les catégories de personnes. Ce n’est pas comme travailler seul dans un bureau. Elle affirme être réellement épanouie dans son officine, où elle est présente du matin au soir, parle aux gens, connaît une bonne partie de sa clientèle, tout en assumant son rôle d’épouse et de mère de famille en même temps. Tout est une question d’organisation, pour elle, car elle parvient à gérer et sa vie de famille, avec toutes les charges que cela suppose, et l’ensemble des tâches de la pharmacie. Etre pharmacienne, d’ailleurs, est un métier qu’elle recommande vivement à toute femme désirant travailler tout en ayant une vie de famille saine et épanouie.

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